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Une attractivité bien au-delà des frontières

Traditionnellement depuis sa première édition - même lorsqu’elle était organisée par les Britanniques entre 1977 et 1983 -, la France est toujours la nation la plus représentée sur la Mini Transat, et les étrangers comptent pour 20 à 30% des effectifs. Cette 23e édition ne déroge pas à la règle avec 61 tricolores et 29 internationaux. Si les Espagnols et les Italiens sont en force, l’Allemagne, l’Autriche, l’Australie, la Belgique, le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Irlande, la Russie, la Suède et, pour la première fois, l’Uruguay, font partie des rangs, confirmant ainsi que l’épreuve reste, et de loin, la course au large la plus cosmopolite.

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Depuis toujours, la Mini Transat est une épreuve très internationale. A chaque édition depuis sa création, avant même que le Britannique Bob Salmon passe le relais de l’organisation au journaliste français Jean-Luc Garnier et que le départ soit donné en France, les tricolores ont été majoritaires, mais les étrangers ont, eux, toujours grandement représentés, avec, parfois des nations un peu improbables, comme la Chine, les Philippines, l’Afrique du Sud, l’Israël, l’Ukraine, la Roumanie, l’Argentine ou encore la Nouvelle-Zélande, pour n’en citer que quelques-uns. Comment les uns et les autres, ont-ils eu envie de venir faire la course ? Pourquoi ont-ils eu le souhait de s’élancer à travers l’Atlantique alors que cet océan n’est absolument pas leur « jardin ». Pour le savoir, le plus simple a forcément été de poser la question aux intéressés.

A travers la presse

« Pour ma part, j’ai découvert la course dans une revue nautique allemande et c’est un article sur la Mini Transat 2003 qui m’a donné envie d’y participer. J’ai franchi le pas deux ans après, en 2005. A l’époque j’avais été le premier Autrichien à prendre part à l’évènement. Aujourd’hui, je reste l’unique à l’avoir fait, et je suis le seul au départ cette année », explique Christian Kargl. « En Autriche, nous n’avons pas la mer et la course au large reste naturellement une discipline très confidentielle, même si la voile olympique est très développée », détaille le skipper de All Hands On Deck qui œuvre pour que ce sport devienne plus populaire sur son territoire. « Les réseaux sociaux et la possibilité que la course au large devienne un jour une discipline des Jeux Olympiques en double mixte permettent de mettre en avant notre activité, mais cela reste compliqué dans un pays comme le mien où il n’est possible de naviguer que sur des lacs », poursuit Christian qui est cependant en passe de réussir son pari puisque l’on sait, d’ores et déjà, que lors de la prochaine édition de la course, en 2023, trois Autrichiens – parmi lesquels Lisa Berger, la navigatrice avec laquelle il a notamment été sacré vice-champion d’Europe de L30 en 2019 -, ont la prétention d’être au départ.

Sur les réseaux sociaux

Facebook, Instagram, Twitter, Tic-Toc sont, de fait, de formidables vecteurs de communication pour promouvoir la course au-delà des frontières et Federico Waksman l’a bien compris, lui aussi. « Chez moi, en Uruguay, c’est le foot, le foot et le foot. Tous les moyens, publics et privés sont donnés à ce sport. Le reste n’a que très peu de place. La voile, et plus encore la course au large, sont largement méconnues. L’une des principales raisons, malgré l’ouverture que mon pays peut avoir sur la mer avec ses 660 kilomètres de côte, est qu’il n’y a que très peu de ports et que ceux-ci sont avant tout des structures dédiées au commerce plutôt qu’à la plaisance », détaille le skipper de Little Crazy Uruguay. Lui a, en réalité, découvert la Mini Transat depuis qu’il est installé à Barcelone pour des raisons professionnelles, il y a cinq ans. « Avant ça, je n’avais jamais entendu parler de la course mais dès que je l’ai découverte, j’ai été instantanément séduit et j’ai eu envie de la faire », relate le sud-américain qui se trouve donc être le premier Uruguayen à prendre part à la compétition.

Promouvoir la course au large au maximum

« Mon but, c’est vraiment de profiter de l’occasion pour promouvoir la voile dans mon pays, et montrer qu’avec de la ténacité et de l’engagement, tout est possible, y compris participer à des épreuves aussi prestigieuses telles que celle-ci », ajoute le skipper qui a intégré le Pôle Mini de la FNOB (Fundacion Navigacion Oceanica Barcelona), la structure créée en 2019 par Anna Corbella, Aleix Gelabert et Gerard Marin. Cette dernière regroupe aujourd’hui entre 15 et 20 Ministes. Comme en France à La Rochelle, Lorient, Concarneau, La Turballe, Les Sables d’Olonne, Ouistreham, La Trinité-sur-Mer, Douarnenez ou encore Roscoff, mais aussi en Italie comme à Gênes, les Espagnols proposent à leurs sociétaires des installations, des prestations et des stages d’entraînements, ce qui a, à la fois fait monter le niveau local, mais aussi participe nettement à l’essor de la classe en Méditerranée.

Un défi logistique  

S’entraîner et progresser en Mini reste plus compliqué pour certains qui sont alors contraints de s’organiser logistiquement et de quitter leur pays, souvent pour s’établir en France. Parmi eux, on peut citer le Belge Léandre de Schrynmakers. « Je suis probablement le moins étranger des étrangers de cette Mini Transat, mais je fais partie de ceux qui ont dû faire de vraies pirouettes pour réussir à préparer correctement la course », relate le skipper de Drago qui, pour sa part, a découvert la Mini au travers d’une rencontre avec un concurrent de la toute première édition de l’épreuve en 1977, lors d’un convoyage. « La course est de plus en plus connue en Belgique, mais dans la partie francophone. Lors de la dernière édition, en 2019, Thibault Raymakers et Marie-Amélie Lenaerts ont largement participé à la médiatisation de l’évènement et de la course au large en général, de même que Jonas Gerckens qui, par le passé, s’est aligné trois fois au départ de la Mini Transat (2007, 2013 puis 2015) et qui coure aujourd’hui sur le circuit des Class40. Cela reste, malgré tout, très confidentiel à ce jour mais les choses vont dans le bon sens », assure le marin de Woluwe-Saint-Pierre qui se réjouit de recevoir de nombreux messages de Belges lui demandant des conseils pour, un jour, faire à leur tour le grand saut à travers l’Atlantique, dans le cadre de la Mini Transat EuroChef.

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