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Récidivistes ou addicts ?

Sur les 90 marins au départ de cette 23e Mini-Transat EuroChef, ils sont quatorze à récidiver. Parmi eux, il y a ceux qui, après une première expérience sous le sceau de l’aventure, font leur come-back avec des vraies ambitions sportives. Ceux qui, confrontés à l’abandon lors de leur précédente participation, reviennent avec la ferme intention, cette fois, d’aller au bout de leur rêve. Ceux qui souhaitent revenir aux fondamentaux. Puis ceux, encore, qui continuent de courir après la victoire et espèrent que cette édition sera la bonne.

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« La Mini Transat est une drogue dure, et j’y ai pris goût », assure Georges Kick (Black Mamba), le doyen de l’épreuve, qui, après une première participation en 2019, revient cette année avant tout pour prolonger le plaisir. La course rend-t-elle à ce point accro ? Manifestement oui, car nombreux sont ceux qui y reviennent. Parfois immédiatement, parfois après plusieurs années, et parfois en ayant laissé filer quelques décennies, comme Pierre Meilhat. Ce dernier signe son come-back à l’occasion de cette 23e édition, 28 ans après son premier essai, tristement marqué par un démâtage dans la deuxième étape, au large des Canaries. « Régulièrement, ma mémoire m’impose le film de cet espar qui tombe et brise la consécration d’un rêve. Il fallait donc que je revienne car si le temps a passé, l’histoire reste à écrire », détaille le skipper du Pogo 2 aux couleurs de l’association Le Goût de la Vie.

Revenir plus fort et plus serein

Même récit ou presque de la part d’Irina Gracheva, contrainte, elle aussi, de jeter l’éponge lors de sa première participation à la course, en 2019, à la suite d’un démâtage au beau milieu de l’Atlantique. « Lorsque mon avarie s’est produite, j’ai été sonnée, mais la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est qu’il fallait que je revienne. Finalement, je crois que c’est un mal pour un bien. Après deux années de plus sur le circuit, j’ai acquis de l’expérience et j’ai engrangé de nombreux milles au large. Je reviens avec un projet plus performant. J’ai un bateau plus récent et plus fiable. Je suis plus forte, mais surtout plus sereine », explique la skipper de Path qui a toutefois dû travailler dur et faire de nombreux sacrifices pour relever son défi. « Je suis arrivée en France en mars 2020 pour ma préparation. Je savais qu’avec le COVID-19, il me serait impossible de rentrer en Russie pour mon travail ou voir ma famille. Cela a naturellement été difficile, mais je voulais vraiment réussir à aller au bout de mon projet malgré toutes ces abnégations », relate la navigatrice, convaincue que dans la vie, il n’y a pas d’échec, seulement des leçons.

Revenir, oui, mais avec l’envie

Trouver l’énergie de remonter un projet Mini Transat n’est, cependant, pas si simple, ainsi que l’explique Tanguy Bouroullec. Après deux premières participations à l’épreuve en 2017 puis en 2019 s’étant soldées, l’une et l’autre, par une 4e place (en Série puis en Proto), le Finistérien a pris le temps de peser sa décision. « J’avais besoin que les choses mûrissent dans ma tête. Une telle course impose beaucoup d’engagement et demande du temps. Pour s’aligner au départ, il faut vraiment être sûr d’avoir l’envie car ça reste un exercice qui n’a rien d’anodin », détaille le skipper de Tollec MP / Pogo, motivé pour aller chercher la victoire en Guadeloupe, mais aussi et surtout pour continuer de faire progresser son bateau, un véritable concentré de technologie, doté notamment de foils, construit dans le chantier familial, à Quimper. « En 2019, mon Pogo Foiler venait tout juste d’être mis à l’eau avant le départ de la course. J’avais eu une petite frustration de ne pas pouvoir en exploiter tout le potentiel car je ne le connaissais pas encore. Aujourd’hui, je suis de retour pour le faire marcher au mieux ».

Une transat ne ressemble jamais à une autre

Si lui revient, on l’a dit, pour la troisième fois sur l’évènement, l’Espagnole Pilar Pasanau récidive, elle, pour la quatrième fois, se rapprochant ainsi du record de cinq participations codétenu par Pierre Rolland et Bruno Thélier. Le premier a réussi le pari de terminer la course à quatre reprises entre 1987 et 2009, une performance qu’il partage cependant avec Lionel Lemonchois, Bertrand Delesne et Frédéric Guérin. « Chaque édition est différente. La première reste naturellement une découverte mais les autres ne se ressemblent jamais, quoi qu’il arrive, ne serait-ce que par rapport à la météo. Pour ma part, je reviens tous les quatre ans, avec l’ambition de faire toujours mieux que la fois précédente », explique la skipper de Geseme – Peter Punk dont le rêve ultime est de s’aligner un jour au départ du Vendée Globe. « La Mini Transat est une course qui pousse à être meilleur dans tous les domaines, en tant que marin mais aussi en tant que personne. Il n’existe pas mieux pour progresser et avancer, encore et toujours ».

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