Skip to content
10209

La Mini Transat, une course intergénérationnelle

Si la moyenne d’âge des concurrents de la Mini Transat se maintient entre 30 et 35 ans depuis la création de la course, en 1977, le delta entre le plus jeune et le plus âgé varie toutefois allégrement selon les années. Cette 23e édition est, sans conteste, l’une où l’écart entre les benjamins et les doyens est le plus important avec d’une part, Basile Bourgnon et Melwin Fink, âgés de 19 ans puis, d’autre part, Georges Kick et Pierre Meilhat, qui fêteront l’un et l’autre leurs 67 ans en octobre puis en novembre. Au total, ce sont donc trois générations qui se côtoient sur la course. A la clé : une vraie transmission d’expériences et de savoirs, une belle cohésion de groupe et une extraordinaire solidarité. En somme, tout ce qui fait que la Classe Mini 6.50 demeure une classe à part.

 10133

L’âge moyen de cette 23e Mini Transat EuroChef est de 35 ans (34,74 pour être précis), mais 47 ans séparent les plus jeunes et les plus vieux. « Basile et Melwin ont presque le même âge que l’une de mes petites-filles qui vient de fêter ses 17 ans ! », s’amuse Pierre Meilhat, l’un des deux doyens de la course. « Ce qui est drôle c’est que la première fois que j’ai fait la course, en 1993, j’étais aussi l’un des doyens de la course avec Jean-Pierre Meilhat, Guy Llata et Serge Viviand, alors qu’à l’époque, on avait tous les quatre entre 36 et 39 ans », se souvient le skipper de Le Goût de la Vie de retour sur la course 28 ans après son premier essai. « Avant d’entamer ce défi, je me suis demandé si j’avais encore les capacités pour le faire car le plus gros pari sur une telle course, pour une personne comme moi, est physique. Le Mini 6.50 est un bateau très sollicitant. A près de 67 ans, ce n’est pas tant la force qui me manque, même si la fonte musculaire est un phénomène naturel du temps, mais la capacité à récupérer vite et bien. Je fais donc en sorte d’éviter de me mettre dans le rouge et pour ça, je garde toujours une marge de sécurité qui est évidemment bien au-dessus de mes concurrents les plus jeunes et les plus fringants », détaille Pierre qui ne peut que constater que les années sont un des facteurs décisifs pour le temps de recharge des batteries. « Je l’ai bien vu lors de la saison dernière. Après avoir enchainé les Mini en Mai, la Les Sables – Les Açores – Les Sables puis la Duo Concarneau, j’étais un peu usé. J’ai d’ailleurs fait le choix de ne pas faire toutes les épreuves cette année pour garder un maximum de fraîcheur en vue de la Mini Transat », relate le marin qui compte bien damer le pion à un maximum de « petits jeunes ». « Je n’ai pas l’intention de les laisser partir comme ça. Je suis là pour jouer moi aussi ! », assure Pierre.

La transmission, une force

Si Georges Kick est également préoccupé par les questions du sommeil et de la récupération, il l’est, en revanche, nettement moins par celle de la performance. « Je ne suis pas là dans l’optique de faire un bon résultat, mais dans le but de prendre du plaisir. Je vais faire la course à mon rythme et faire de petites siestes dès que possible pour ne surtout pas entrer dans la zone rouge. J’ai un ami qui a connu des hallucinations et qui a alors cru voir un ours polaire sur le pont de son bateau au large de côtes marocaines. Lorsque de telles choses se produisent, c’est vraiment dangereux. Prendre des risques ou faire des records de vitesse n’est pas ce que je viens chercher. Je veux réussir à faire marcher mon bateau correctement mais je sais que, contrairement aux jeunes, je ne vais pas être à fond dessus, à essayer de gratter le moindre dixième de nœud », souligne le skipper de Black Mamba. Est-ce que lui aurait eu envie de s’aligner sur la course à l’âge de 19 ans ? « Je ne sais pas. Il faut beaucoup de courage pour se lancer sur une telle course car cela demande à la fois beaucoup d’investissement et d’engagement », commente le médecin anesthésiste depuis peu à la retraite, quand son concurrent Melwin Fink a, lui, encore cinq années d’études devant lui avant de décrocher son diplôme d’avocat. « La Mini Transat est la course qui réunit un peu tous les extrêmes. Il n’y a pas beaucoup d’épreuves où l’on retrouve trois générations sur une même ligne de départ. C’est précisément ce qui est enrichissant. Pour ma part, je considère que le dialogue entre les générations est indispensable à la transmission des compétences », note le skipper allemand de SingForCom. Un avis partagé par Basile Bourgnon qui pourrait, lors de cette édition, faire encore plus fort que son père, Laurent, deuxième de l’épreuve en 1987 à 21 ans, et même faire aussi bien que son oncle, Yvan, vainqueur en 1995, à 24 ans. « C’est sympa de pouvoir échanger et ainsi de pourvoir découvrir des manières différentes de faire. Les gens qui ont l’expérience, de la navigation ou plus généralement de la vie, ont forcément des choses à apprendre à des jeunes comme moi, parfois sans doute un peu trop plein d’insouciance, ce qui n’est toutefois pas à confondre avec l’inconscience. En mer, il faut savoir faire preuve d’anticipation, mais l’ardeur et la fougue peuvent, malgré tout, permettre d’atteindre la performance. Elles font oublier que la vitesse ou certains bruits peuvent faire peur, mais elles ont, évidemment, parfois des limites pour les fous de vitesses que nous sommes à vingt ans », termine le skipper d’Edenred.

Mini
Nous suivre :

New title

New title