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La Mini Transat, une course à part à l’heure de l’hyperconnectivité

La Mini Transat EuroChef demeure une épreuve à part dans l’univers de la course au large. Sur cet évènement, pas d’ordinateur, pas de liaison satellite, pas d’envoi de photos et de vidéos, pas d’échange avec la famille ou les amis. Le lien avec la terre se résume à un bulletin quotidien émis sur la radio BLU par la Direction de course pour donner la situation météo, les prévisions à 48 heures et les distances au but de chaque concurrent. Ce dispositif, à l’opposé du phénomène de l’hyper communication et de l’hyperconnexion numérique qui ne cesse de s’accroître dans notre monde d’aujourd’hui, autorise l’aventure avec un grand A.

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« Le fait d’être autonome et coupé du monde lors de la course implique des niveaux de préparation et d’anticipation importants. Cela responsabilise énormément et pousse naturellement à être un meilleur marin. On est obligé de penser à tous les sujets et on ne peut compter que sur soi-même. Ça me va bien car l’une de mes principales motivations sur la Mini Transat, c’est de progresser en tant que navigateur », note Pierre Le Roy (Teamwork). Ci certains redoutent la solitude, le Lillois, lui, fait partie de ceux qui pensent que la solitude productive est une nécessité. « C’est un sujet personnel. Il est souvent controversé car tout dépend du tempérament de chacun. Lorsque l’on est seul en mer et que ça devient dur, on se questionne sur ses motivations et on peut finir par se poser la question de savoir ce que l’on fait là. Bien sûr, tout le monde réagit différemment mais pour ma part, j’ai tendance à ne pas trop réfléchir à ça. Je sais pourquoi je fais du Mini et pourquoi je traverse l’Atlantique. L’isolement ne me pèse pas trop. Hormis le fait que je ne peux pas avoir de lien avec ma famille, ce qui reste très particulier, le fait d’être coupé de toutes les informations du monde extérieur est finalement très reposant. Dès lors, notre seule préoccupation devient de faire avancer le bateau dans la bonne direction. C’est à l’opposé de ce que l’on vit tous les jours et cela ramène un peu de tranquillité d’esprit que je trouve incroyable. C’est aussi pour ça que je fais la Mini Transat », souligne le météorologue qui s’aligne cette année pour la deuxième fois au départ de la course.

C’est un fait, nos rythmes de vie sont effrénés. Entre le travail, les études et la vie sociale, on n’a plus vraiment le temps, justement, de prendre le temps. Le fait que l’on vive dans une société de plus en plus connectée y est certainement pour quelque chose. Hugo Picard, qui sévit sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme The Sailing Frenchman et compte plus de 127 000 followers sur YouTube, 11 000 suiveurs sur Instagram et plus de 5 500 sur Facebook fait partie, lui aussi, de la génération des hyperconnectés. Ceux qui maîtrisent à la perfection Internet et les nouvelles technologies. On pourrait penser qu’au large, le fait d’être privés de ces outils puisse générer un manque chez eux. C’est pourtant tout l’inverse. « Ne pas avoir de moyens de communication en mer ne me coûte pas. Ce que j’aime, c’est faire de l’image, monter, raconter une histoire. Lorsque je navigue, je ne pense plus à poster, je ne pense plus aux stories, ni à quoi que ce soit », relate le skipper de SVB Team. Au départ, il y a cinq ans, lorsqu’il lance sa chaîne, le Haut-Pyrénéen n’imagine pas vraiment l’ampleur qu’elle va prendre, ni que c’est que ce biais que son partenaire va décider de s’engager dans son projet. « J’ai commencé pour mes potes et ma famille. Pour délirer et pour leur montrer ma passion après les avoir bassinés avec mes histoires de bateaux. J’aime le côté « partage ». Je relaterai évidemment ma Mini Transat à mon retour, mais aujourd’hui, il me tarde d’être loin », avoue Hugo qui s’est naturellement organisé pour continuer de faire vivre ses réseaux pendant la course avec l’aide d’une agence de communication.

Si nombreux sont ceux qui feront de même, certains autres, à l’image de Georges Kick (Black Mamba), ne se sentent pas vraiment concernés par ce genre de préoccupations. « Je ne suis pas très connecté d’une manière générale. Je ne boude pas le fait d’avoir, dans notre monde d’aujourd’hui, la capacité à accéder en continu à des applications, à des données, et à une foultitude d’informations. J’apprécie l’ubiquité des interfaces qui rendent accessibles les outils et j’ai bien conscience que l’hyperconnectivité est garante d’une certaine réactivité, mais je n’en passe très bien. Sur la Mini Transat, nous n’avons accès à rien et je considère que cela fait des vacances. Je ne saurai évidemment pas savoir ce qu’il se passera sur la planète lorsque je serai en mer, mais je pars du principe que si c’est important, je l’apprendrais toujours assez tôt ! »

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