Mixité générationnelle sur la Mini-Transat

21 09

12:45

Georges Kick, médecin anesthésiste du Tarn-et-Garonne, 64 ans. Violette Dorange, Rochelaise et sportive de haut niveau, 18 ans. Quand l’un s’est mis à la voile sur le tard, l’autre a tiré ses premiers bords à l’âge de 7 ans et a déjà inscrit de belles lignes à son palmarès. Tout sépare ces deux marins si ce n’est qu’ils s’apprêtent tous les deux à prendre le départ de la Mini-Transat La Boulangère d’ici quelques jours. Portrait croisé du doyen et de la benjamine de cette édition 2019.

En prenant le départ de sa première Mini-Transat à seulement 18 ans, Violette sera la plus jeune concurrente de cette 22ème édition, un statut qu’elle assume sans pression. « Je suis assez fière d’être la plus jeune. Je me dis que je n’ai rien à perdre et que j’ai tout à gagner. », déclare la locale de l’étape, pensionnaire de la Société des Régates Rochelaises. Même son de cloche du côté de Georges qui prend son statut de doyen avec plus de philosophie « D’un côté je suis fier d’être le doyen de la course, de l’autre ce statut ne me rajeunit pas… (Rires). Je pense que pour faire ce que je m’apprête à faire il faut aussi se sentir jeune dans la tête ce qui est mon cas. ».

Issue d’une famille de "voileux" Violette vient sur sa première Mini-Transat avant tout pour prendre du plaisir. « Mon seul objectif est de la terminer et d’en profiter un maximum. », sans pour autant oublier son âme de compétitrice. « Si je peux faire un Top 10, je prends ! » déclare la Championne de France 2016 de 420. Pour Georges, dont le gros de sa carrière professionnelle est derrière lui, la Mini-Transat La Boulangère est plus l’occasion de se retrouver avec lui-même et les éléments. « J’aime le large et la solitude. J’espère faire un beau voyage intérieur et une belle navigation tout en profitant des levers et couchers de soleil, du ciel étoilé la nuit, des dauphins et de l’absence d’emm… ! »

Un respect mutuel

Si dans la flotte ils bénéficient d’une certaine bienveillance de la part des autres coureurs, entre Violette et Georges c’est avant tout du respect et de l’admiration qu’ils éprouvent l’un envers l’autre. « Voir Violette partir si jeune sur la Mini-Transat m’inspire un grand respect. Il faut quand même être solide dans la tête pour partir si jeune parce qu’il peut y avoir des situations stressantes. » reconnaît le skipper du robuste Pogo 2 n°529 avant d’ajouter « elle a déjà prouvé qu’elle était capable de relever de grands défis avec ses records de traversée de la Manche et de Gibraltar en Optimist. » Quant à Violette, elle avoue être impressionnée par ce que s’apprête à vivre Georges. « Je n’imagine pas mes grands parents s’élancer sur la Mini-Transat, donc quand je vois ce que s’apprête à faire Georges je trouve ça dingue, c’est génial ! Il est à fond, j’espère que quand j’aurais son âge je pourrais faire ce qu’il fait et être à mon tour la doyenne… (Rire). »

Un défi face à soi-même

Tous deux considèrent vivre cette aventure à leurs âges respectifs comme un défi face à eux-mêmes. « C’était le bon moment pour moi de le faire. Je prends ça comme un nouveau défi de participer à la Mini-Transat en étant la plus jeune » déclare violette avant que Georges ne renchérisse : « Mon âge n’a jamais été un frein à une participation à la Mini-Transat. Au contraire, c’est une source de motivation pour prouver qu’il n’y a pas d’âge limite pour faire ça. ». Cette mixité générationnelle est également l’occasion d’apprendre les uns des autres « Ce qui est bien sur la Mini-Transat, c’est que c’est ouvert à tout le monde, il y a tous les âges, tout le monde partage son expérience ! » analyse Violette. « Naviguer face à des concurrents avec un tel palmarès est une chance. Pour moi qui ai appris la voile sur le tard, je ne peux que m’enrichir de l’expérience de Violette. » conclut Georges.