Marie Gendron, 19ème Proto au Marin : « La solitude m'a transformée »

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Marie Gendron, 19ème Proto, a franchi la ligne d'arrivée de la deuxième étape de la Mini-Transat La Boulangère ce mercredi 20 novembre à 21h 02 min 30 secondes (heure de métropole) au Marin. Son temps de course est de 18 jours, 05 heures, 29 minutes et 30 secondes. Son temps de course cumulé sur les deux étapes est de 26 jours, 03 heures, 33 minutes et 36 secondes.

Voir la vidéo d'arrivée au Marin de Marie

« La solitude m'a transformée »

Marie Gendron a vécu une Mini-Transat en deux temps. Une première étape rondement menée sportivement où elle termine 4ème en catégorie Proto et une deuxième étape où l'aventure a pris le pas sur la compétition suite à son retour au port après le départ à Las Palmas de Gran Canaria, compromettant ainsi tout espoir de signer une performance au Marin en Martinique… Si elle avoue être forcément déçue pour son projet sportif, elle est finalement pas mécontente d'avoir vécu cette seconde étape ainsi, ce qui lui a permis de découvrir la vraie solitude qui l'a, selon elle, transformée…

« Cette transat s'est passée en deux temps. Une étape sport et une étape aventure. Évidemment je suis un peu déçue pour mon projet sportif parce que suite à la première étape ça partait quand même plutôt bien. J'étais assez contente et j'espèrais pouvoir continuer sur cette lancée. Puis la réalité des sports mécaniques fait qu'on en est là. »

« Je n'ai jamais imaginé abandonner car ça ne servait à rien de rester aux Canaries, il n'y avait plus personne donc rien à faire là bas. Du coup je me lançais vraiment dans une traversée du désert. Je savais qu'il n'y avait plus de bateaux accompagnateurs, il n'y avait plus de concurrents, je partais vraiment toute seule. Je n'ai pas du tout navigué comme je naviguais avant. Avant c'était d'abord vitesse et cap et puis après tu mangues et tu dors. Là c'était l'inverse. Je mangeais, je dormais et après je m'occupais de la nav' (rires). Il fallait faire hyper attention au bateau, on a eu des conditions hyper musclées donc ce n'était quand même pas simple surtout que je savais que j'étais vraiment toute seule. Pour les leaders je pense que ce n'est pas pareil car eux ils étaient dans le match, dans la compétition, ils avaient l'esprit occupé à ça. Moi je me suis retrouvée dans un état où je n'avais plus cette concentration sur la course donc c'était complètement différent. »

« J'ai été prise par cette solitude parce que j'étais vraiment toute seule. Je pense que pour tous ceux qui étaient dans mon cas, un peu isolés à vivre une aventure, la solitude nous a forcément transformés. Ça fait 18 jours que je suis en mer et j'ai eu un contact VHF il y a seulement deux jours. Ça change forcément des choses et c'est peut-être ça qui fait que j'ai eu beaucoup d'émotion à l'arrivée. J'étais dans ma bulle et puis là ça y est, c'est bon, j'en suis sortie. »

« En tout cas j'ai beaucoup appris, j'ai appris à vivre ça autrement, c'est intéressant je suis contente. Je suis déçue pour le projet sportif mais je suis contente de l'avoir fait quand même. J'ai été soulagée d'arriver mais j'étais tellement dans ma bulle, qu'un jour de plus ou un jour de moins ça ne changeait rien. On se créer notre quotidien, on évolue, on apprend des choses, on apprend la patience, on rentre vraiment dans une espèce d'atmosphère parallèle. Finalement je suis contente aussi de l'avoir fait comme ça. Le fait d'être hors course, ça m'a ouvert tout ce côté là, que ça ne m'aurait peut-être pas ouvert si j'avais abandonné. »

« Maintenant j'aimerais bien refaire une transat en course ! Donc comptez sur moi dans deux ans ! »