L’esprit Mini, l’âme de la Mini-Transat

17 09

17:15

Les marins de la Mini-Transat La Boulangère évoluent dans une atmosphère particulière. C’est le fameux « esprit Mini », un mélange d’entraide (à terre comme en mer), de partage, de fraternité, de convivialité… Certains des engagés ont répondu à cette vaste question : « que représente l’esprit Mini » ?

C’est un paradoxe : beaucoup de marins de la Mini-Transat La Boulangère n’ont jamais été aussi entourés et soutenus que depuis leur engagement dans cette course au large en solitaire. Les « Ministes » forment une grande famille unie autour d’une même passion (dévorante) et d’un défi commun : traverser l’Atlantique sur les plus petits bateaux de course au large au monde.

Un maître-mot, l’entraide

« Pour moi, l’esprit Mini est un lien humain entre des gens qui se donnent la même énergie pour vivre leur rêve. On monte tous ensemble un château de cartes. Chacun à sa manière, et avec son vécu, apporte à la communauté », explique d’emblée Guillaume Coupé (906). Quand on demande aux marins ce que représente l’esprit Mini, « entraide » est le mot qui revient le plus spontanément. A terre, les coureurs se donnent des coups de main, se prêtent du matériel, se conseillent mutuellement. « Le fait de ne pas avoir d’équipe technique nous oblige à aller vers les autres. Nous avons besoin d’eux pour monter nos projets en solo. En fait, les copains Ministes deviennent notre équipe technique », souligne Jean-Baptiste Ternon (880). « Nous voulons traverser, mais nous avons aussi envie que les potes arrivent en Martinique. Alors quand on a du temps pour aider les autres Ministes dans leur préparation, on n’hésite pas », indique pour sa part Thibault Blanchet (774).

Partager est également un moyen de se tirer mutuellement vers le haut. « Nous sommes nombreux à ne passer que deux ans sur le circuit et nous voulons prendre un maximum de plaisir sur ce laps de temps. Le fait de s’entraider, d’échanger permet d’énormément progresser et ainsi de profiter pleinement », analyse Florian Quenot (946).

Pour certains, cette entraide a été essentielle pour la concrétisation de leur projet. C’est notamment le cas de Pierre Moizan (630). Il raconte : « L’année dernière, j’ai heurté un OFNI sur la course Les Sables-Les Açores-Les Sables et j’ai dû évacuer le bateau. J’ai mis un an à tout reconstruire. Beaucoup de Ministes m’ont donné des coups de main, y compris des anciens comme Adrien Hardy. Sans eux je ne serai pas là. Leur soutien m’a porté. Toute cette aide reçue sans la demander, c’est hyper touchant. »

Frères et sœurs de mer

En mer, l’esprit de solidarité est encore plus puissant. Les coureurs à portée VHF se soutiennent, se stimulent et si besoin se portent assistance. « Sur l’eau, nous sommes en compétition mais chaque concurrent est un ami, un frère. Même les marins les plus compétitifs n’hésitent pas une seconde à mettre leur course de côté pour aider quelqu’un en difficulté », raconte l’Italien Daniele Nanni (659).

La navigatrice belge Marie-Amélie Lenaerts (833) confirme : « On s’aide à fond. Lors de la Transgascogne cette année, j’ai eu un souci électronique. J’ai fait un appel à la VHF et beaucoup de coureurs m’ont répondu pour me donner un coup de main, même ceux que je connais moins. J’étais plutôt en arrière de la flotte et pourtant même les leaders ont pris le temps de me conseiller. »

Mémorables arrivées…

L’excellente ambiance lors des arrivées est une autre marque de fabrique de la Mini-Transat. A toute heure du jour et de la nuit, chaque nouveau « finisher » est accueilli comme il se doit par ses amis Ministes ayant déjà bouclé le périple. Aux Canaries comme en Martinique, la fête à terre est à la hauteur des difficultés rencontrées en mer. « L’esprit Mini, c’est aussi s’hydrater. Certains jouent un peu moins le jeu à ce niveau et nous avons quelques éléments perturbateurs », plaisante Christophe Brière de la Hosseraye (755) qui explique plus sérieusement que vivre une expérience si forte et intense rapproche. « On peut devenir super pote avec un mec ou une fille qui a 10 ans de moins, ou de plus. »

Quitter le circuit Mini et son esprit peut entraîner une forme de nostalgie. « Même si je m’y prépare, l’après Mini me fait un peu peur. Je m’attends à ressentir un gros vide sur le plan émotionnel et personnel », confie Guillaume Coupé.