Le Mini 6.50 : un laboratoire technologique

24 09

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Alors que les 87 skippers de la Mini-Transat La Boulangère patientent en attendant le départ, faisons le point sur l’évolution des Minis 6.50. Suffisamment « grands » pour traverser l’Atlantique et assez petits pour faire des essais sans prendre des risques inconsidérés, les Mini 6.50 se révèlent des supports adaptés pour laisser libre cours à la créativité des architectes et des coureurs. Cela est d’autant plus vrai que la jauge Mini est très ouverte. Beaucoup d’innovations sont apparues sur les plus petits voiliers de course au large au monde, avant d’être reprises dans d’autres classes et même sur des bateaux de croisière. En voici une liste non exhaustive.

- Les ballasts
Au départ de la 2ème édition de la Mini-Transat, en 1979, l’Américain Norton Smith s’engage à bord du premier prototype équipé de ballasts, des réservoirs qu’il peut remplir d’eau de mer pour équilibrer son bateau et en optimiser les performances. Norton Smith, qui emprunte cette idée au Pen Duick V d’Eric Tabarly, remporte haut la main l’épreuve.

- Le mât en carbone
En 1985, Yves Parlier est le premier marin à équiper un voilier de course d’un mât en carbone. Le jeune ingénieur en matériaux composites voit la mer comme un laboratoire et profite de la Mini-Transat pour confronter ses idées à la réalité. Il gagne avec plus d’un jour d’avance sur ses premiers poursuivants.

- Mât-aile, quille basculante, bout-dehors amovible et pivotant
Michel Desjoyeaux se présente au départ de la Mini-Transat 1991 avec un voilier truffé d’innovations. Il est équipé d’un mât-aile orientable selon la direction du vent, d’une quille pouvant être basculée latéralement et d’un bout-dehors amovible et pivotant, permettant d’empanner depuis le cockpit sans aller sur la plage avant. Michel Desjoyeaux sort vainqueur de la deuxième étape.

- L’étrave ronde
En 2011, l’architecte David Raison prend part à la Mini-Transat avec un étonnant prototype à étrave ronde, inspiré des voiliers de lacs américains (les « scows »). Beaucoup sont perplexes face à cette forme de carène pour le moins originale. Le concept est pourtant redoutablement efficace, avec un gain en puissance impressionnant au reaching (vent de travers). David remporte la Mini-Transat, prouvant aux sceptiques qu’il avait raison.

- Les foils
La classe Mini autorise les foils en 2014. Dès l’année suivante, le marin suisse Simon Koster participe à la Mini-Transat avec le premier proto équipé de ces appendices porteurs (qui se déploient vers l’intérieur, sous la coque). L’efficacité n’est pas vraiment au rendez-vous, mais le mouvement est lancé. En 2017, Quentin Vlamynck mène sur l’Atlantique Arkema 3, un proto doté de foils tournés vers l’extérieur, semblables à ceux que l’on voit sur les IMOCA, les monocoques du Vendée Globe.

- L’aile semi-rigide
Toujours sur Arkema 3, un gréement révolutionnaire est testé en 2017. Il s’agit d’une aile semi-rigide inspirée des bateaux de l’America’s Cup et adaptée à la course au large, avec une structure en lattes de carbone. Le concept sera à nouveau mis à l’épreuve du grand large pour cette édition 2019 de la Mini-Transat.