La Mini-Transat, une épreuve de renommée internationale

20 09

14:30

La Mini-Transat La Boulangère a toujours compté dans ses rangs des skippers venus des quatre coins du monde. Son attrait international n’est plus à prouver. Des skippers de 35 pays différents ont pris le départ de cette course mythique depuis sa création. Cette édition 2019 ne déroge pas à la règle avec pas moins de 24 skippers internationaux pour 13 pays représentés. Pourquoi la Mini-Transat bénéficie-t-elle d’une telle renommée en dehors de nos frontières ? Éléments de réponse avec les témoignages de cinq skippers internationaux de cette édition 2019.

La culture de la course au large est historiquement associée à l’Angleterre et à la France. Les navigateurs de ces deux pays voisins se partagent les grandes premières de traversées ou autres records autour du monde. Donc quand on demande aux skippers internationaux de raconter comment ils ont connu la Mini-Transat, leurs histoires sont aussi variées qu’étonnantes. « J’ai fait de la voile toute ma vie. Je suis un navigateur professionnel sur des gros bateaux », raconte Markos Spyropoulos originaire de Grèce. « En 2005 j’étais au Cap-Vert pour quelques mois quand en pleine nuit j’ai vu deux petits voiliers arriver au port de Mindelo. Je les ai aidés à s’amarrer car c’était une nuit très ventée. C’est là qu’ils m’ont expliqué qu’ils participaient à la Mini-Transat », poursuit le skipper du Proto 931. « J’ai trouvé ça incroyable. Pendant plus de 10 ans ça m’a trotté à l’esprit et un jour je me suis dit qu’il fallait vraiment que je le fasse. ».  

Le Belge Albert Lagneaux, s’est quant à lui retrouvé sur sa première course de Mini 6.50 par le plus grand des hasards. « En 2014, j’étais à Douarnenez avec mon bateau de croisière, c’était au moment d’une course en double, le Mini Fastnet. Un skipper s’est retrouvé sans équipier à la dernière minute. Je me suis alors proposé à la Classe Mini qui nous a mis en contact. Je ne connaissais absolument pas le skipper et je n’avais jamais mis les pieds sur un Mini 6.50 », raconte en rigolant ce bruxellois d’origine. « Ce fut une sacrée aventure. À l’arrivée de la course la décision était prise, je vendais mon bateau et j’achetais un Mini. »

École de la course au large connue et reconnue

"Passe ta Mini d’abord", quel marin n’a jamais entendu ce conseil avant de se lancer dans une carrière de coureur ? La Classe Mini, c’est aussi l’école de la course au large. C’est aussi cela que les marins internationaux viennent chercher. Ce n’est pas Michal Adam Weselak qui nous dira le contraire. « Je déteste vraiment la voile de plaisance. Ce que j’aime c’est la course, la compétition. J’ai réfléchi comment je pouvais apprendre et progresser dans la course au large et j’ai trouvé que la Classe Mini était parfaite pour moi. C’est une classe très compétitive et l’esprit permet de progresser rapidement grâce à la complicité, l’échange et l’entraide entre les marins. C’est la meilleure chose que je pouvais trouver pour devenir un meilleur marin », analyse ce polonais de 32 ans.

Idem pour Irina Gracheva qui possède déjà un beau CV du large. Saint-Pétersbourg, Vladivostok, l’Estonie ou la Finlande sont ses terrains de jeu mais sa connaissance du large passe aussi par une expédition au Cap Horn en 2015 et une transat en double. Donc quand elle a voulu se lancer en solitaire, la Classe Mini a été comme une évidence « J’ai rencontré des Russes qui avaient déjà fait la Mini-Transat. J’en ai parlé avec eux, ils m’ont dit que les Mini 6.50 étaient des bateaux petits et facilement manœuvrables pour moi en solitaire. Depuis ce moment je n’ai jamais cessé d’en rêver », raconte celle qui est désormais la première femme russe à se lancer dans une course au large en solitaire.

Tout quitter pour se donner les moyens d’être au départ

Préparer et s’entrainer pour une Mini-Transat n’est pas chose aisée, pour n’importe quel marin. Mais quand en plus on vient de l’autre bout de l’Europe, voire d’encore plus loin, cela peut paraître mission impossible. Cela devient alors une contrainte logistique et financière non négligeable au point que de nombreux pensionnaires internationaux de la Classe Mini doivent un temps quitter leurs proches pour s’installer sur la façade Atlantique. « Habitant en Russie la préparation pour la Transat a été très compliquée. J’ai dû faire beaucoup d’avion et de train, j’avais mon activité à gérer en parallèle. Cette année, pour préparer la Mini-Transat, m’entrainer et faire les courses de la saison j’ai dû quitter ma famille et m’installer à Lorient », confie le Russe de 45 ans Fedor Druzhinin. Un sacrifice quasiment obligatoire mais que les participants à la Mini Transat La Boulangère sont prêts à faire comme l’explique Irina Gracheva : « Je vis en Russie, mais pour la préparation et la qualification pour la Mini-Transat je suis venue m’installer six mois en France, à La Rochelle. Ce n’était pas facile car en plus de la préparation j’ai dû m’habituer à la France dont les us et coutumes sont totalement différents de mon pays. »

Des témoignages qui nous laissent facilement imaginer la satisfaction et la fierté que ressentiront ces marins venus d’ailleurs lorsqu’ils couperont la ligne de départ de la 22ème édition de la Mini-Transat La Boulangère pour enfin vivre leur rêve et accomplir ce pour quoi ils ont tout quitté.