Amélie Grassi, 9ème en Série au Marin : « Je suis trop contente d’avoir trouvé le courage de repartir et à faire cette course incroyable »

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Amélie Grassi, neuvième série, a franchi la ligne d'arrivée de la deuxième étape de la Mini-Transat La Boulangère ce lundi 18 novembre à 00h 26 min 44 secondes (heure de métropole) au Marin. Son temps de course est de 15 jours, 9 heures, 53 minutes et 44 secondes. Son temps de course cumulé sur les deux étapes est de 24 jours, 8 heures, 6 minutes et 33 secondes.

Voir la vidéo d'arrivée au Marin d'Amélie

« Je suis trop contente d’avoir trouvé le courage de repartir et à faire cette course incroyable »

Amélie Grassi aura passé ses dernières jours en mer dans un vent faible et ses dernières heures de course totalement empétolée. A quelques encablures de la ligne d’arrivée, tout sourire, elle lance aux bateaux venus l'accuillir et l'encourager : « Je pensais boire des Ti-Punch depuis 48 heures, à la place j’ai pu finir un autre bouquin ». Juste devant elle, se tient son compère, Paul Cloarec avec qui elle partage sa navigation depuis quelques jours. « Ne le laissez pas boire tout le rhum avant mon arrivée. » , s'exclame Amélie. La skipper d’Action Enfance finit par franchir la ligne d’arrivée de cette seconde étape en 9ème position au Marin. Elle qui était partie bonne dernière après un retour en escale technique à Las Palmas de Gran Canaria a fait une remontée spectaculaire, glanant peu à peu des places au classement. Elle termine 7ème au classement général.

« C’était un peu particulier comme étape. Quand je suis repartie des Canaries j’avais l’impression d’être passée à côté de la course parce que je faisais partie des coureurs qui venaient pour faire une performance de podium ou Top 5. Du coup quand je suis repartie, j’avais le sentiment que ma course était finie et qu’il allait falloir rejoindre la Martinique parce que c’est ce que j’avais envie de faire mais que ce n’était plus la course. C’était assez délicat, il a fallu que je trouve mon propre rythme parce que je n’avais plus mes copains de d’habitude. Je ne faisais pas la course car même si je doublais des bateaux, c’était des bateaux moins rapides que le mien, des skippers moins entrainés. Au final, j’ai fini par trouver un rythme et j’ai été plus tranquille que sur les autres courses. J'ai lu deux livres, j’ai écouté à bloc de musique, je n’ai pas beaucoup barré… Je me suis quand même forcée à rester exigeante en me disant "tu te concentres, tu fais du mieux que tu peux, tes trajectoires, tes réglages de voiles et puis on verra bien". Petit à petit les places remontaient. J'essayais de ne pas y accorder trop d’intérêt pour me protéger car mentalement c’était trop dur d’être repartie si loin derrière. »

« Finir dans le Top 10, sportivement parlant ce n’est pas satisfaisant, mais dans la manière je suis vraiment satisfaite. Je pense que j’ai fait une super course et je suis trop contente d’avoir trouvé le courage de repartir. Je dois beaucoup à toute l’équipe technique qui m’attendait aux Canaries pour m’aider à réparer et repartir de plus belle. J’ai bien réussi à me remettre dedans et à faire cette course incroyable. J’ai vécu des trucs de dingue. »

« Je crois que je suis arrivé à la bonne heure pour avoir un bel accueil (rires). En début de soirée, ce n'est pas mal. Ca fait chaud au cœur de voir tant de monde, mes amis, mes partenaires, tous mes collègues de Mini qui attendent pour me foutre à l’eau. Il y a ma maman, qui a fait la Mini-Transat il y a 10 ans et puis mon papa, que je ne pensais pas voir ici, mon oncle… »

« Les émotions sont partagées. Je n’arrive pas à exploser de joie car j’ai un pincement au cœur, je suis déçue d’être passée à côté du côté sportif de la course. Mais je suis fière de ma course et très heureuse d’avoir terminé la Mini-Transat. Je ne pensais pas que je serais si heureuse en coupant la ligne. »