A retenir dans ce communiqué :
– Quentin Mocudet prend la deuxième place dans la catégorie série
– Il a bataillé jusqu’aux derniers instants pour sauver cette seconde place
– C’est un aboutissement pour le skipper après cinq années compliquées
– Plus que jamais, il rêve d’une carrière au large

Quentin Mocudet (Monbana) a franchi la ligne d’arrivée de La Boulangère Mini Transat en deuxième position dans la catégorie série, au terme d’une lutte acharnée avec Amaury Guérin jusqu’aux derniers instants. « Depuis trois jours, nous nous croisons sans cesse, parfois on se perd de vue, puis on se retrouve », raconte Quentin, exténué mais radieux sur le ponton de Saint-François. « Jusqu’à cette nuit, alors que je sortais d’une sieste, j’ai revu mes concurrents à l’AIS et il a fallu continuer à contrôler. Cela ne s’arrêtait jamais. Des grains sont arrivés et tout est devenu incertain : un coup Amaury Guérin reprenait l’avantage, un coup je revenais. Il fallait rester patient et surtout ne pas commettre d’erreur. J’étais soulagé que ça se termine sur une deuxième place plutôt qu’une quatrième. »
Si la persévérance avait un visage, ce serait le sien, caché derrière sa moustache de cycliste des années 20. La route vers ce podium a été semée d’embûches. En 2022, une blessure à l’épaule avait compromis sa saison. Quelques mois plus tard, c’est un incendie sur son bateau qui a mis un terme définitif à sa participation à la dernière édition. Et comme la fatalité s’acharne parfois, il a cette année heurté un bateau de pêche et manqué plusieurs courses capitales, ajoutant un nouveau chapitre à une série de mésaventures qui aurait découragé beaucoup d’autres.
Pourtant, Quentin est resté déterminé. « Ça fait cinq ans que je prépare ce projet et j’en ai ch… J’y pensais tout le temps sur l’eau et je me disais que je n’avais pas le droit de lâcher. Je voulais finir sur le podium, en ayant tout donné, au meilleur de moi-même », confie-t-il.
À 26 ans, ce deuxième podium marque une étape majeure. Après cinq années d’efforts, de rebondissements et de défis, Quentin pense déjà à l’avenir, rêvant de Figaro ou de Class40. Avec cette Mini Transat, il a prouvé qu’il savait surmonter toutes les tempêtes, sur l’eau comme dans la vie, et que sa détermination était en acier trempé.


INTERVIEW
Quentin, quelles sont tes premières impressions après cette Mini Transat ?
« C’est un peu chamboulant d’arriver ici. Il y a quelques heures, j’étais encore tout seul à gérer mes émotions. C’est une expérience unique. Je suis hyper content d’avoir enfin traversé l’Atlantique et de terminer en deuxième position.
Mais ça a été long. On a longtemps cherché Paul Cousin, sans jamais le trouver, et on a vite compris que ça allait être compliqué. On se croisait souvent à l’AIS avec les autres concurrents, et pendant cinq jours, c’était toujours la même dynamique : on ne se voit pas pendant une journée et demie, puis on se retrouve. À chaque fois, c’est hyper stressant. Pendant une journée et demie, tu te demandes si tu vas gagner ou perdre des places.
Je suis vraiment content d’arriver, je n’en pouvais plus. C’était trop de stress de ne pas savoir… Et à la fin, avec les grains, tu ne sais jamais à quelle sauce tu vas être mangé. Tu peux très bien avoir dix milles d’avance et tout perdre. »
Comment vis-tu cette deuxième place ?
« Je suis vraiment content. Depuis le début, j’ai fait une belle course et au classement, je n’ai jamais été mal placé. Les trois derniers jours, savoir que je jouais la deuxième place, c’était interminable !
Jusqu’à cette nuit, alors que je sortais d’une sieste, j’ai revu mes concurrents à l’AIS et il a fallu continuer à contrôler. Cela ne s’arrêtait jamais. Des grains sont arrivés et tout est devenu incertain : un coup Amaury Guérin reprenait l’avantage, un coup je revenais. Il fallait rester patient et surtout ne pas commettre d’erreur. J’étais soulagé que ça se termine sur une deuxième place plutôt qu’une quatrième. »
Comment se sont passés ces quinze jours en mer ?
« Nous étions souvent en petit groupe, avec au moins une personne par jour à l’AIS. C’était bien, mais parfois ça parlait un peu trop ! Le meilleur moment, c’est quand on a commencé à toucher les alizés après le waypoint… Les surfs étaient juste magiques. Sur les derniers bords, la houle était plus difficile à gérer. Ça tapait, ce n’était pas toujours agréable.
Cette Mini Transat, c’est avant tout pour traverser l’Atlantique en solitaire, et peut-être le début d’une carrière. Depuis le début, le projet ne s’est jamais déroulé comme prévu. Ça fait cinq ans que je me bats pour cette transat. Je suis super heureux de finir deuxième, je n’aurais pas pu rêver mieux ! »
Qu’est-ce qui t’a motivé tout au long de la course ?
« Tous les jours sur l’eau, je pensais aux difficultés que j’ai traversées pour être là. Je me disais que je n’avais pas le droit de lâcher. À un moment, j’ai même cru que je pouvais gagner. Quand j’ai compris que ce n’était pas possible, je me suis accroché pour finir deuxième, avec la conviction que je ne pouvais pas finir ailleurs que sur le podium et que je devais tout donner.
J’étais heureux en mer, mais sur la fin, un peu triste de terminer ce projet de cinq ans avec ce bateau. En 2022, j’avais un super bateau, je me suis blessé en mai et le bateau a brûlé en fin d’année, ce qui m’avait fait perdre toutes mes chances de participer à la Mini Transat. Cette année, alors que j’étais deuxième derrière Amaury, j’ai percuté un bateau de pêche et je n’ai pas pu disputer toutes les courses d’avant-saison face à lui et Paul Cousin. C’est toujours très disputé entre nous trois.
Aujourd’hui, après cette belle Mini Transat, j’ai envie de continuer sur un autre circuit, Figaro ou Class40. J’espère que c’est le début d’une carrière qui durera longtemps. »
Les chiffres de la course de Quentin Mocudet, 2è série (avant jury)
2 – Série (986) Saveurs et Delices – Quentin Mocudet
Arrivée : 09/11/2025 20:12:52 UTC
Temps de course : 15j 05h 12min 52s
Écart au premier : 05h 33min 28s
Sur l’ortho : 2606.38 nm / 7.1 nds
Sur le fond : 3253.30 nm / 8.9 nds





