LES REACTIONS A L'ARRIVEE DE VAN DOORN, GRESSET, PENDIBENE, VELIKIC, ALLAMELOU

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30ème série : sander van doorn (AIR CHARGE)

Sander a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère, le Dimanche 19 novembre à 00heures, 01minutes, 20secondes. Son temps de course est de 17 jours, 9 heures, 53minutes, 20secondes. Il a rallié le Marin à une vitesse moyenne de 7,04 noeuds. 

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À la découverte de l’autre pays du large

Hollandais, bercé dès son plus jeune âge à la voile et rompu à touts les supports, la participation de Sander Van Doorn à cette Mini-Transat cru 2017 raisonne comme un aboutissement. Venu sur le circuit pour le plaisir de goûter aux sensations de vitesses offertes par ces voiliers au potentiel extraordinaire, l’envie de se lancer dans cette aventure sur fond de compétition au long cours a mûri progressivement dans la tête de ce sympathique entrepreneur qui a apprécié cette expérience à la hauteur de son niveau d’exigence maritime

Sander Van Doorn à son arrivée au ponton

« C’est sympa de retrouver un sol un peu moins mouvant. C’est étrange comme sensation après plus de deux semaines seul sur l’océan de retrouver autant de monde. J’ai vraiment apprécié même si j’ai dû me battre un peu avec la gestion du pilote qui avait des comportements étranges que j’ai eu du mal à comprendre. C’est une expérience unique que je suis content d’avoir vécue. La nuit dernière, j’ai pris ma caméra et je me suis filmé lors de la préparation de mon dernier dîner en mer, c’est quelque chose que j’avais très envie de pouvoir partager. J’étais pris par un double sentiment avec une vraie envie d’arriver et celle étrange de savoir que cette expérience extraordinaire allait bientôt se terminer. J’ai beaucoup écrit, j’ai enregistré tout au long de cette traversée qui m’a certainement apporté  beaucoup de choses et enrichi.  

La vraie et seule raison pour laquelle, j’ai commencé en Mini 6.50, c’est parce que j’en avais assez de la compétition avec le jeu du rating, je voulais vraiment découvrir une grande classe, qui propose des courses dont le classement suit l’ordre des arrivées : quand tu arrives premier, tu gagnes ! Au-delà, les 6.50 sont des bateaux amusants, qui vont vite et offrent beaucoup de sensations. J’ai commencé à courir sur le circuit et j’ai vraiment pris du plaisir. Et il y a eu ce moment, au contact des autres, où je me suis finalement laissé contaminer par le virus de la Mini. C’était devenu une évidence, je devais la faire ! »

29ème série : stéphane gresset (UNIFLOW MARINE)

Stéphane a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère le samedi 18 novembre à 23heures, 31minutes, 40secondes.

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Sous le signe des émotions extrêmes

Titillé par la régate et engagé avec la motivation affichée de goûter à la compétition XXLarge sur sa première participation, le skipper du Nord Finistère a vite jeté par dessus bord ses objectifs pour se laisser griser par l’ivresse d’une aventure sans nulle autre pareille.

Stéphane Gresset à son arrivée :

« C’est un truc de fada ! Cela fait deux jours qu’on se demande s’y on va arriver, y’a plus rien et la journée, il fait chaud, c’est difficilement supportable.

Je n’ai pas trop eu trop de galères, à part peut-être le pilote qui se met en mode « homme à la mer »  avec le bateau qui se met à la cap, et là c’est Sander (Van Doorn) qui me dépanne en anglais, alors que je ne parle pas un mot d’anglais. Sinon, j’ai aussi une ferrure de bastaque qui commençait à rentrer dans la cloison, il a donc fallu calmer un peu le jeu.

Mon meilleur moment reste la nuit du lendemain des grains avec une nuit étoilée magique, après des nuits beaucoup plus stressantes avec le vent qui passe de 10 à 35 nœuds.

Au départ, j’étais parti pour disputer une régate, mais très rapidement elle n’a plus eu d’importance pour moi, l’aventure humaine a pris le dessus. Je pense qu’on revient différent. Emotionnellement, tout est extrême. Quand le pilote part en vrille, c’est la fin du monde ; quand je prends le premier grain et que le lendemain ça recommence, je vis les nuits les plus atroces et quand la nuit suivante il n’y a plus que des étoiles, c’est la plus belle de ma vie. Clairement, sur cette course, on est face à soi même et il n’y a personne autour, on ne se cache donc de personne. Oui, j’ai éclaté de rire, oui, j’ai pleuré… Mais, à vrai dire, j’étais venu pour tout ça. »

28ème série : andrea pendibene (PEGASO MARINA MILITARE)

Andrea a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère le samedi 18 novembre à 22heures, 15minutes, 14secondes

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Fratelli d’Italia

C’est une véritable baignade transalpine qui s’est mise en place à l’arrivée d’Andrea Pendibene. Le navigateur de la Marine nationale italienne s’est retrouvé juché sur les épaules d’Andrea Fornaro, son compatriote qui tenait à être présent à son arrivée. Dans la foulée d’autres ont goûté les joies du bain forcé, telle la compagne d’Ambrogio Beccaria venue applaudir l’arrivée d’Andrea.

Après deux échecs en 2013 et 2015, Andrea Pendibene a réussi son pari. Lui qui n’avait jamais dépassé la latitude de La Corogne considérait comme une première victoire d’avoir rallié les Canaries. Le signe indien était vaincu, la route des Antilles s’ouvrait enfin.

Andrea Pendibene à son arrivée au ponton :

« Je suis très content, d’une part parce que ça efface mes deux échecs à la hauteur du cap Finisterre, d’une autre parce que avec mon collègue de la Marine nationale française, on est à égalité. J’ai gagné la première manche aux Canaries, il gagne la deuxième, il va falloir procéder à la séance des tirs au but maintenant. Le niveau des premiers est impressionnant, mais c’est normal : ils s’entraînent toute l’année, tandis que nous en Italie, nous n’avons pas ce niveau de préparation. Heureusement, le collectif de La Rochelle a accepté que je vienne faire quelques sorties avec eux. Grâce à Julien Pulvé, notamment, j’ai pu mieux apprécier cette machine incroyable qu’est le Pogo 3, qui est tellement différent des Minis classiques. Ici, c’est un projet collectif et mon co-skipper va d’ailleurs prendre le relais pour la prochaine édition. C’est aussi l’esprit de la Marine nationale italienne d’essayer de former de nouveaux navigateurs. La Mini-Transat, c’est la seule course qui permet de venir sans avoir une expérience énorme. D’ailleurs, une fois que tu es parti, tout peut se passer. Je n’oublie pas que la navigation en solitaire est le résultat d’un travail d’équipe. C’est l’objectif sur lequel on va travailler avec la marine italienne. Là, je vais manger un morceau, profiter des copains. Je suis vraiment content. Le seul souci que j’ai eu, c’est une nuit. J’étais en train d’admirer la lune quand j’ai réalisé que je la voyais à travers mon spi qui s’était déchiré. »

27ÈME SÉRIE : SLOBODAN VELIKIC (SISA II)

Slobodan a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère le samedi 18 novembre à 21heures, 52minutes, 03secondes.

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une affaire de famille

C’est peu dire qu’il était content Slobodan. Toute la famille est passée dans ses bras avec des effusions démonstratives où se mêlaient des larmes de joie, des bourrades fraternelles et des bisous à son fils, avant qu’il ne plonge lui-même à l’eau entraînant une partie de sa tribu dans le bain traditionnel d’arrivée de la Mini. Cette fois-ci ses concurrents n’ont même pas eu le temps de  le forcer à goûter l’eau du Marin.

Elle était importante cette étape pour le marin croate. Il fallait effacer la frustration de la première manche où Slobodan avait dû faire relâche à Leixoes près de Porto pour réparer son bout-dehors endommagé. Et pourtant, il a aussi connu son lot de misères pour rallier les Antilles.

Slobodan Velikic à son arrivée au ponton :

« Je voulais vraiment aller jusqu’au bout sans devoir faire escale, mais ça n’a pas été simple. Le long de la côte marocaine, je me suis pris dans un filet de pêche et j’ai dû plonger pour finalement arriver à me dégager. Ensuite, j’ai fait une erreur en rentrant mon way-point pour le Cap-Vert. Du coup, je me suis trouvé une trentaine de milles trop à l’ouest et j’ai dû rebrousser chemin pour passer les îles. Enfin, j’ai déchiré mon grand spinnaker à 300 milles de l’arrivée. Mais heureusement, je me suis retrouvé bord à bord avec Andrea (Pendibene) et je me suis dit : cette fois-ci c’est de nouveau la régate qui recommence. Je voulais tout faire pour finir devant lui, je suis plutôt fier d’y être arrivé. C’était un vrai plaisir malgré tout. Pour moi, j’en garde une morale : tout gars qui finit cette course est un vainqueur. »

14ÈME PROTO : David Allamelou (Boréal)

David a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère le samedi 18 novembre à 19 heures, 50 minutes, 46 secondes.

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Acrobatique transatlantique

Ancien gymnaste de haut niveau, David Allamelou compte, selon les dires de certains de ses concurrents, parmi les Ministes les plus improbables que la grande traversée en solitude à bord d’une petite bombe à voiles attirée depuis quarante ans vers elle. Après une préparation atypique qui l’a vu arpenter les cimes montagneuses cet été, il termine en toute humilité face aux éléments une transat disputée comme un challenge à part entière. Pas étonnant donc, que cet athlète en termine par une jolie pirouette et un beau poirier,  sortant de son bateau sur les mains, avant de se jeter la tête en bas et la première à l’eau, dans le grand bain de la Marina du Marin de ceux qui ont bouclé avec l’art et la manière cette Mini-Transat La Boulangère.

« C’est difficile de trouver les mots à l’arrivée. J’ai d’abord envie de dire merci à la classe Mini qui travaille d’arrache pied tout l’année pour nous permettre de vivre cette expérience. Du départ à l’arrivée, c’était magique. Je ne peux pas dire que j’ai vécu des moments durs, dans la mesure où quelque part, cela fait partie du jeu. Durant la traversée, je me suis étiré les jambes, le dos quand j’étais en positions assise, ou au moment de me lever. C’est important d’essayer de ne pas trop rouiller, parce qu’avec l’eau salée, ça va vite. Physiquement, je me sens plutôt en forme. Grosso modo, je dormais 2 heures par nuit et 2 heures par jour. Sur l’eau, j’entendais les autres parler, mais je ne me mêlais pas trop aux conversations. Mon bateau, je le rebaptiserais bien « Time Machine », la machine à voyager dans le temps. Il est fidèle à lui-même, je n’ai plus de surprises avec lui, c’est plus lui qui a des surprises avec moi. C’était ma deuxième transat à bord du bateau en solitaire, la première a été plutôt spirituelle, celle-ci en course, je m’y suis plus engagé pour aller au bout d’un challenge.

Cet été, je me suis préparé physiquement et mentalement en partant plusieurs semaines en Savoie. Et s’il y a un point commun entre la montagne et la mer, c’est que si tu tombes, t’es mort. Ce sont deux univers où il faut toujours regarder où on met les pieds, et où il faut toujours garder une marge de sécurité. »