LES REACTIONS À L'ARRIVÉE DE MIRO RUBIO, BOLZINGER, ENGUEHARD, PASANAU, PIBOT

20 11

16:15

52ÈME SÉRIE : MARc MIRO RUBIO ( alphin)

Marc a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère mardi 21 novembre à 21 heures, 46 minutes et 20 secondes.
Il a mis 20jours, 07 heures, 38 minutes et 20 secondes, pour rallier le marin à une vitesse moyenne de 6,03 noeuds.

marc.jpg
 

slow is beautiful

​​​​​​​En s’engageant sur la Mini-Transat La Boulangère, Marc Miro Rubio savait qu’il n’était pas question de rivaliser avec les Pogo 2, encore moins les bateaux de dernière génération. Mais ce n’était pas sa principale préoccupation. L’essentiel était d’arriver.

Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Marc Miro a fait son bonhomme de chemin à la barre de son Pogo 1 en prenant son temps. Mais sans arrêt à Mindelo, il s’offre le petit luxe de terminer à l’antépénultième position des bateaux de série devant Julien Bozzolo et Thomas Béchaux.

Les mots de Marc Miro à son arrivée au ponton :

« C’est incroyable d’arriver comme ça en Martinique. Tout d’un coup, tu commences à sentir l’odeur de la terre, des arbres, c’est fantastique. Ensuite, le Pogo 1 est un bon bateau, mais il est quand même nettement plus instable que les bateaux de nouvelle génération. Mais c’est un bateau très marin, très sûr, je me sentais vraiment en confiance à bord. Bien évidemment, on ne fait pas la même course que les hommes de tête, mais ce n’est pas grave, l’essentiel est que chacun puisse arriver.»

 

NON CLASSE : ROMAIN BOLZINGER (proto)

Romain est arrivé en début d'après-midi ce jour au Marin. Ayant demandé assistance durant sa traversée, il termine cette #MiniTransatLaBoulangère non classé, mais satisfait d'avoir réussi à aller jusqu'au bout.

romain_3.jpg
 

L'apprentisage de la patience

Il ne les compte plus, les concurrents qui se sont déroutés pour lui parler, voir s’ils pouvaient être utiles ou simplement passer quelques mots de réconfort. Comme il ne compte pas les heures que les différents bateaux accompagnateurs ont passées à ses côtés pour le réconforter, le conseiller, lui donner un fier coup de main comme le remâtage de son bateau en pleine mer avec l’aide de l’équipage de la Blanche Hermine.

​​​​​​​Les mots de Romain Bolzinger à son arrivée au ponton :

« Quel accueil… moi qui pensais que tout le monde serait déjà parti. L’histoire, elle est très simple en fait. Je suis en train de préparer un empannage, quand la surgaine de bastaque lâche. Immédiatement le mât est tombé. Au début, j’ai le sentiment de jouer de malchance, tellement les conditions étaient maniables au moment de l’accident. Vont suivre dix jours sous gréement de fortune, puis une attaque de marlin ou quelque chose comme ça qui a voulu probablement attaquer un thon qui se trouvait sous le bateau. Résultat, je me trouve avec trou dans le bateau et je dois écoper environ dix litres par heure. J’ai prévenu Denis et le lendemain Blanche Hermine est venu me donner un coup de main. J’avais fini ma stratification, mais les conditions s’étant vraiment améliorées, on a décidé avec l’équipage de Blanche Hermine de remettre le mât en place. On s’y est mis à trois pendant six heures, mais on a réussi. Et là, c’est étonnant : moins de vingt-quatre heures auparavant, j’étais au fond du trou et là je voguais dans un bonheur absolu. Pouvoir repartir avec un mât entier, c’était incroyable, presque trop beau.

J’ai eu le temps de penser à ce que j’étais venu chercher dans cette Mini-Transat La Boulangère. Question aventure, je pense que j’ai eu ma dose. Je suis un compétiteur, mais il faut accepter ce coup du sort. Ce n’est pas le résultat que je garderai dans les souvenirs, mais cette histoire-là certainement. Et puis j’ai découvert que j’étais capable d’être patient, moi qui suis d’un naturel plutôt sanguin. Ça m’est venu tout de suite : je me suis dit que j’en avais pour quinze ou vingt jours et que si je n’étais pas capable d’être patient, autant se jeter à l’eau tout de suite. De toutes façons, tu n’as pas le choix. Je ne me suis pas énervé, juste quelques moments où je me disais que je ne trouvais ça pas juste…

Je pense aussi à tous ces gars que je ne connaissais pas comme Luc Giros, Jérôme Lhermitte ou Valentin Massu, qui, alors qu’on n’avait pas spécialement de relations, ont fait l’effort de se dérouter pour venir me voir, enchaîné les empannages pour rejoindre ma route, me parler, me donner de la bouffe. Ils n’étaient pas obligés de le faire. Les bateaux accompagnateurs ont été incroyables eux aussi. C’est d’abord Top 50 qui est arrivé. Luc Coquelin m’a tout de suite donné des conseils, donné un bout de spi usagé pour améliorer mon gréement de fortune, ensuite les autres bateaux sont passés, Océan Dentiste qui m’a donné de la nourriture, Platine qui est resté quelques heures à côté de moi à raconter des bêtises, mine de rien ça fait du bien au moral, et enfin Blanche Hermine qui m’a aidé à remettre le mât debout. Je me souviendrai de tous ces gens-là, toute ma vie. »

21ÈME PROTO : GAULTIER ENGUEHARD (FACET INGÉNIERIE)

Gaultier a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère mardi 21 novembre à 14heures, 28minutes et 45secondes.
Il a mis 20jours, 00heures, 20minutes et 45secondes, pour rallier le marin à une vitesse moyenne de 6,12noeuds.

psx_20171121_093352.jpg
 

Au Marin, même !

A la barre d'un proto de dessin et de construction made in Brest, Gaultier Enguehadrd, lui même enfant de la cité du Ponant, a connu, à l'instar de nombreux autres concurrents, une avarie de pilote qui a immanquablement transformé sa course en aventure pure et dure. Mais la satisfaction, malgré la fatigue, est là au bout du compte d'avoir ajouté une Mini de plus, une quatrième, sous la quille d'un bateau d'une fiabilité à toute épreuve. Fatigué mais heureux, le jeune navigateur barbu comme un hipster, privé également de météo, a dû s'armer de patience et ronger son frein pour venir à bout de cette traversée accomplie un peu à l'aveugle.

Gaultier Enguehard, à son arrivée

« J'étais venu chercher l'aventure, j'ai eu l'aventure ! Pour moi, privé de pilote depuis cinq jours, c'est surtout la fin qui a été plus dure. Je n'ai pas eu non plus de météo depuis le Cap Vert, j'ai donc essayé de faire avec ce que j'avais et ça donne ça, une arrivée aujourd'hui après 20 jours depuis le départ de Las Palmas. Au-delà, j'ai trouvé ça génial et tout compte fait j'ai apprécié de ne voir et communiquer avec personne pendant 10 jours. En plein milieu de l'Atlantique où il y a eu pas mal d'orages, je m'en suis tapé un bien costaud et je ne savais pas trop ce que je devais faire, où je devais aller. Les derniers jours, vissé à la barre en plein cagnard, m'ont paru interminables. Au niveau nourriture, il ne me restait plus grand chose et les quatre derniers jours je n'ai mangé que des soupes, je n'avais plus que ça. Je n'ai pas été surpris par la difficulté de la navigation, en revanche je ne m'attendais pas à ce que soit si long. Dans ma tête, j'étais parti pour deux jours de moins, mais sans météo, j'avais beau beaucoup observé, j'ai dû tracer ma route un peu comme on joue au poker. L'objectif était d'arriver, et cette fois c'est fait ! »

20ÈME PROTO : PILAR PASANAU (SAIL ONE PETER PUCK)

Pilar a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère mardi 21 novembre à 12heures, 05minutes et 15secondes.
Elle a mis 19jours, 21heures, 57minutes et 15secondes, pour rallier le marin à une vitesse moyenne de 6,15noeuds.

psx_20171121_080333.jpg
 

Pilar à la barre

Dernière concurrente en 2013, contrainte à l'abandon lors de l’édition précédente après avoir cassé son étai, Pilar Pasanau a tenu son pari de mener son vaillant proto à bon port de l'autre côté de l'Atlantique. La navigatrice catalane, équipière de renom du circuit habitable en Méditerranée, est arrivée ce mardi matin dans la douceur du petit jour martiniquais à la barre du 240, qui n'est autre que le plan Lombard de 1999 construit et mené par Lionel Lemonchois. Une belle revanche pour cette persévérante de 50 ans, accueillie comme il se doit avec chaleur et bonne humeur par le contingent de marins ibériques.

« La course avait très bien commencé. Je suis partie en 5è position sur la ligne de départ. J'avançais bien, j'étais rapide, mais j'ai eu un problème avec le spi qui s'est complètement emmêlé. J'ai perdu trois jours dans cette histoire avant de pouvoir me mettre à l'abri de Santo Antao au Cap Vert et enfin le dérouler. Mais ensuite, alors qu'il restait 900 milles à parcourir, j'ai rencontré des problèmes avec mes deux petits pilotes automatiques. Dès lors, cela me prenait une heure pour recharger pour une heure d'autonomie. J'ai passé l'essentiel de la traversée à la barre. C'était très dur, mais magnifique ! Les deux dernières nuits, je me suis mise à la cape pour dormir un peu, 2-3 heures et pour la dernière journée de course, j'ai progressé en mode régate avec le 427 (Gautier Enguehard) et j'arrive devant ! »

51ÈME SÉRIE : GWENDAL PIBOT (ROSSINANTE)

Gwendal a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 15heures, 38minutes et 35secondes.

psx_20171120_125106.jpg
 

La légèreté de la solitude, le poids des problèmes

Des airs à la mer, il n'y a qu'un tout petit pas que cet ingénieur, responsable de production chez Airbus, a franchi avec la conviction que le moteur de l'aventure carbure toujours. Gwendal Pibot ne s'est pas trompé. Si les soucis techniques se sont très vite accumulés à bord de son Pogo 2, ce quadra a toujours gardé les pieds sur terre pour surmonter les difficultés. La satisfaction est là, au bout d'un voyage en solitude, qui se savoure comme un petit bonheur qui compte déjà beaucoup.  

 « C'était intense avec pas mal de petites difficultés tout du long. J'ai perdu deux spis sur trois, dont le premier lendemain du départ, et le deuxième à 700 milles d'ici. Ensuite, j'ai perdu un panneau solaire, j'ai fendu un safran, et mon groupe électrogène était hors d'usage… Mais tout ça fait que j'ai vécu une transat classique et je suis bien content d'arriver. Couper la ligne reste un bonheur simple, instantané. La perte de mon deuxième spi, cela m'a vraiment mis au fond du trou, j'étais comme noyé au fond de l'eau. Je me suis dit que j'allais devoir finir la course avec un petit bout de tissu, condamné aux 6 nœuds de vitesse maximum. Et puis j'ai envoyé mon code 5 et j'ai continué à avancer. Je n'avais pas le choix. Cela fait partie du jeu et heureusement on vit toujours des bons moments, notamment la nuit. L'absence de soleil pour me taper sur le crâne, les étoiles, la lune m'ont toujours mis du baume au cœur. Toute la traversée, je l'ai faite complètement seul. Dès le lendemain du départ, mes problèmes électriques m'ont obligé à couper la VHF et l'AIS, je l'ai joué à l'économie. J'ai barré quasiment tout le temps pour me reposer un peu la nuit. J'entendais le classement tous les deux jours. Cette solitude forcée ne m'a pas pesé du tout, en tout cas beaucoup moins que la gestion de tous les problèmes qui se sont invités à bord. Je savais qu'il y avait plein de monde à terre, la famille et les amis qui pensaient à moi et me suivaient, cela m'a beaucoup aidé. »