LES REACTIONS A L'ARRIVEE DE MICHELIN, JAFFRE, TORRES BARRAGAN, ROUBAL, GRASSI

20 11

03:15

19ÈME proto : THIBAULT MICHELIN (EVA LUNA) 

Thibault a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 9 heures, 48 minutes et 50 secondes. Il a mis 18jours, 19 heures, 40 minutes et 50 secondes, pour rallier le marin à une vitesse moyenne de 6,51 noeuds.

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Du plaisir malgré tout

Contraint de s’arrêter quarante-huit heures à Mindelo pour réparer son tableau arrière qui se délaminait, Thibault Michelin n’en a pas pour autant pas perdu son moral et son envie de vivre pleinement sa traversée de l’Atlantique.

Heureux d’être arrivé, Thibault Michelin avouait avoir trouvé du plaisir de pouvoir naviguer sur un bateau en pleine possession de ses capacités. Si la course proprement dite était mise entre parenthèse, Thibault s’est efforcé de naviguer proprement, de se faire plaisir avant tout.

Les mots de Thibault Michelin à son arrivée au ponton :

« Ce n’était pas simple, mais intéressant quand même. J’ai pris du plaisir dans cette galère, même si je n’avais pas imaginé ça. Pendant deux jours, j’ai navigué avec un safran légèrement relevé, je ne m’en étais pas rendu compte. Du coup, ça a forcé sur la ferrure. Dans un départ au lof, la ferrure s’est brisée et a arraché un morceau du tableau arrière. Il me restait encore 500 Milles à faire pour aller jusqu’à Mindelo que j’ai ralliée sur un seul safran. Là-bas, j’ai mis quarante-huit heures à réparer, mais quand je suis reparti c’était vraiment bien. Bien sûr, on n’a pas la même motivation sur le classement, mais j’ai réellement pris du plaisir malgré tout. C’était une expérience personnelle intéressante. Je n’ai eu pratiquement aucun contact, si ce n’est avec Agnès (Menut) hier avant d’arriver. Quand il y avait du vent, ça allait mais quand ça amollissait, c’était un peu plus difficile. C’était bien de la faire avec ce bateau-là, il est taillé pour ce type de conditions, je n’imaginais pas renoncer et ne pas parvenir jusqu’ici. Maintenant, il va falloir digérer tout ça avant de savoir si j’ai envie de refaire une nouvelle fois la Mini-Transat. »

 

18ÈME proto : PATRICK JAFFRE (project pioneer)

Patrick a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 9 heures, 09 minutes et 10 secondes. Il a mis 18jours, 19 heures, 01 minute et 10 secondes, pour rallier le marin à une vitesse moyenne de 6,52 noeuds.

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Voyage au bout de l’ennui

Patrick Jaffré, victime d’une avarie sur ses fixations de safran a dû intervenir en mer. Sa réparation de fortune lui a permis de rejoindre la Martinique, mais avec un bateau fragilisé. Condamné à réduire la toile constamment pour ne pas forcer sur ses safrans, le navigateur brestois a trouvé le temps long.

Soulagé d’en avoir terminé. Patrick Jaffré qui était venu clairement pour se bagarrer au contact des meilleurs prototypes a dû en rabattre et se « contenter » d’une traversée en mode convoyage. L’objectif de résultat est devenu secondaire, il fallait ramener le bateau avant toute chose.

Les mots de Patrick Jaffré à son arrivée au ponton :

« Qu’est-ce que c’était long ! J’ai dû naviguer sous-toilé en permanence. J’ai fait de la stratification mais ça ne tenait pas vraiment très bien, j’ai été obligé de consolider l’ensemble avec des brélages. J’ai d ‘abord brisé une fourche de safran sur un départ au lof. Deux jours plus tard, c’est l’autre safran. J’ai tout essayé : dans le cours des Glénans, ils proposent d’essayer de mettre une ancre flottante à l’arrière et de diriger le bateau en jouant sur les winches… je ne vous le conseille pas. J’avais trois livres, je les ai tous lus deux fois de suite, tellement j’avais de temps à perdre. Ensuite, j’ai lu les instructions nautiques, j’ai appris les termes en anglais, mais qu’est-ce que c’était long. C’est quand même bien d’être là. A un moment, j’ai douté de pouvoir ramener le bateau. Etre là, c’est déjà une petite victoire. »

 

17ÈME proto : pablo torres barrgan (bicho ii puerto sherry)

Pablo a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 8 heures, 38 minutes et 20 secondes. Il a mis 18jours, 18 heures, 30 minutes et 20 secondes, pour rallier le marin à une vitesse moyenne de 6,53 noeuds.

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Qui veut voyager loin ménage sa mâture

Pablo Torres a dû avoir le sentiment de jouer sur un fil. Victime de soucis de gréement, notamment une barre de flèche qui menaçait de rompre, il a dû veiller à ne jamais trop tirer sur le gréement. Mais le navigateur espagnol a ramené son prototype à bon port.

Aucune amertume chez Pablo Torres. La casse fait partie des incidents de course et il en accepté les conséquences. L’essentiel pour lui était de ramener son bateau à bon port, un prototype auquel il est particulièrement attaché. L’homme et le bateau ont fait cause commune pour réaliser cet objectif.

Les mots de Pablo Torres à son arrivée au ponton :

« C’est une expérience incroyable. Le bateau était fantastique. J’ai cassé mes barres de flèche et j’ai dû faire un brélage. Mais je suppose que je ne suis pas le seul à avoir eu des soucis techniques. En fait, j’ai d‘abord eu un problème de pilote dès le deuxième jour de course. Quand j’ai cassé ma barre de flèche, je venais de passer le Cap-Vert. Mais si j’y retournais, ça voulait dire que la Mini-Transat était terminée pour moi. J’ai donc décidé de continuer en naviguant sous-toilé. Ça n’avait pas beaucoup d’importance. Même si j’étais arrivé dernier, l’essentiel était de boucler cette traversée. Je serai peut-être obligé d’en faire une autre pour savoir ce que c’est de naviguer en mode course. »

45ÈME SÉRIE : pavel roubal 

Emanuele a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 4 heures, 13 minutes et 05 secondes. Il a mis 18jours, 14 heures, 05 minutes et 05 secondes, pour rallier le marin à une vitesse moyenne de 6,59 noeuds.

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Une escale de trop

C’est peu dire que Pavel Roubal n’a pas pu défendre ses chances sur la Mini-Transat La Boulangère. Aux prises avec des problèmes d’énergie, le navigateur tchèque a fait le choix de s’arrêter à Midelo pour remplacer sa pile à combustible. Mais un court-circuit a vidé ses batteries alors qu’il venait de repartir du Cap-Vert, d’où une deuxième escale à Mindelo d’où il est reparti en avant-dernière position.

On imagine la frustration de Pavel Roubal qui était venu sur la Mini-Transat La Boulangère avec des ambitions légitimes. Même s’il ne prétendait pas jouer pour la première place, il savait qu’il avait un coup à jouer pour essayer de terminer dans le top 10 de la course. Mais, ses problèmes récurrents d’énergie ont ruiné ses espoirs.

Les mots de Pavel Roubal à son arrivée au ponton :

« Mes problèmes d’énergie ont commencé dès la première nuit après les Canaries. Du coup, je me suis retrouvé à devoir barrer toutes les nuits pour descendre jusqu’au Cap-Vert. Mais il devenait évident que je ne pourrais pas traverser l’Atlantique comme ça, une escale à Mindelo pour trouver une solution s’imposait. Je pensais que ça venait de ma pile à combustible, donc je me suis débrouillé pour acheter un groupe électrogène et repartir au plus vite ; je courais partout au Cap-Vert et je disais aux autres gars en escale : « allez on y va on est là pour faire la course » ; je suis reparti vite, mais après quelques heures j’ai retrouvé les mêmes problèmes d’énergie. J’ai donc dû revenir de nouveau au Cap-Vert. Là, c’était dur. Il a fallu trouver la panne, une sorte de court-circuit. Le temps de faire demi-tour, de réparer, je suis parti de Mindelo en avant-dernière position. Pour le moral, ce n’est pas idéal. J’ai dû passer du temps, pour repartir avec des batteries parfaitement chargées. Avec un générateur, on ne peut pas passer plus de deux heures par jour de charge. Tout s’est ligué contre moi : la première fois, je suis reparti sous spi à près de quinze nœuds. Quand j’ai constaté que j’avais encore des problèmes de charge, je suis revenu au près et le vent est tombé. Mais je suis reparti quand même. J’ai été content sur mon AIS de constater que j’avais doublé deux prototypes. Sinon, je n’ai eu quasiment aucun contact avec d’autres bateaux si ce n’est un cargo russe, mais je me demande s’ils n’avaient pas picolé à bord.

Ça n’est pas raisonnable de me séparer de mon bateau maintenant. Qu’est-ce que je peux faire avec ? Retourner au Cap-Vert (rires) ? Il va vraiment falloir que je revienne. »

44ÈME SÉRIE : Emanuele Grasi (Pénélope)

Emanuele a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 2 heures, 36 minutes et 20 secondes. Il a mis 18jours, 12 heures, 28 minutes et 20 secondes, pour rallier le marin à une vitesse moyenne de 6,62 noeuds.

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Et vogue la galère…

C'est la ligne de la délivrance qu'a coupée dimanche dans la soirée Emanuele Grassi. À bord de son Pogo 2 Penelope, l'odyssée de cet Italien, qui partait pourtant plein d'entrain à la découverte de l'Atlantique qu'il n'avait jamais sillonné, a rapidement viré au cauchemar. Privé d'énergie, le pilote du bord répondant aux abonnés absents 300 milles après le passage du Cap Vert, le skipper transalpin n'a pas eu d'autre choix que d'affaler les voiles quand il fallait répondre aux impérieux appels de Morphée. Difficile dans ces conditions de trouver les risées du plaisir sur les 1700 milles qu'il lui restait à parcourir pour rallier le Marin. Seul petit cadeau de cette traversée sous le signe de la douleur : l'échange VHF avec son compatriote Ambrogio Beccaria que l'approche des côtes martiniquaises a bien voulu offrir. Un moment volé dans l'adversité qu'il n'est pas prêt d'oublier. Exténué, vidé, Emanuele ne fait pas mystère de son amertume face à l'océan bien peu conciliant. Pourtant, il est le premier à le dire : pour mériter de goûter à la vraie saveur de la Mini-Transat, il lui faudra bien revenir…