LES REACTIONS A L'ARRIVÉE DE CANARDO, REVOL, ETCHANDY, ALONSO, MENUT

20 11

13:00

50ÈME SÉRIE : GUILLERMO CANARDO (OPEN ARMS)

Guillermo a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 15heures, 30minutes et 40secondes.

_o3i4307.jpg
 

Une deuxième pour l'échappée belle

Basé à Tarragone, le Catalan Guillermo Carnardo mène une vie où se mêlent passion et engagement sans faille. Médecin urgentiste aux prises avec les situations extrêmes, il a choisi depuis deux ans de rejoindre une association (Open Arms) qui vient en aide aux migrants fuyant le continent africain pour échapper au pire, souvent au péril de leur vie. En parallèle, la Mini-Transat découverte en 2015, s'est imposée comme une évidence pour se vider la tête sur les grands espaces océaniques. Piqué au vif, c'est avec le même enthousiasme et sans prétentions sportives que cette belle personne a rempilé pour cette deuxième. Pour de nouveau compter que sur lui-même et s'accorder une parenthèse salvatrice dans une vie aussi prenante qu'éprouvante.

 « Je me sens vraiment bien, à présent que j'ai coupé la ligne. Cette deuxième transat s'est révélée plus dure que la première. La première fois, je ne savais pas du tout où je mettais les pieds, c'était le grand saut dans l'inconnu, tandis que pour cette deuxième, je mesurais plus à quoi il fallait s'attendre. J'ai eu quelques soucis techniques, j'ai perdu mon spi max qui a explosé. J'ai donc perdu ma voile la plus puissance et performante en termes de vitesse. Le solitaire reste une discipline vraiment à part, c'est très spécial de devoir tout faire par soi même. Quand un pépin arrive, vous en êtes toujours l'unique et seul responsable. Je me dis toujours que la prochaine fois que je traverserai l'Atlantique, je partirai avec des amis, une guitare, du vin. Mais terminer une course en solitaire reste toujours une source de fierté, ce n'est jamais facile de finir et de couper une ligne d'arrivée. »

49ÈME SÉRIE : PIERRE REVOL (MARIBAMBELLE)

Pierre a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 14heures, 59minutes et 55secondes.

psx_20171120_104222.jpg
 

Un gros morceau, parole de dentiste !

La Mini-Transat, Pierre Revol ne pouvait pas y échapper. Le cœur bien amarré à la ville de départ de cette édition 2017, c'est en toute humilité que ce chirurgien-dentiste a osé se lancer dans une telle aventure, porté par le souci permanent d'esquiver les mauvais coups que l'océan menaçait de porter à son frêle esquif. Prudent, le Rochelais ne fait pas mystère des appréhensions qui l'ont accompagné durant son voyage à travers l'Atlantique. Un défi de taille pour lequel il n'a jamais ménagé sa peine. Partir constituait déjà une victoire, arriver une vraie satisfaction.

« Au début, je me suis laissé un peu surprendre par les conditions sur une mer croisée avec des allures de portant où il fallait laisser glisser sans beaucoup d'appui dans les voiles. Je n'avais pas suffisamment travaillé et préparé le pilote dans ces conditions. J'ai fait un beau départ à l'abattée, qui m'a occasionné une avarie de barre, à 60 milles dans l'est du Cap Vert. J'avais déjà eu des petites alertes avec des vis qui se sectionnaient, je n'avais plus de « spare » et j'ai pris la décision de m'arrêter à Mindelo. J'y suis resté un peu moins de 24 heures, le temps de réparer et de m'acquitter des formalités administratives. Je suis reparti avec Arnaud (Etchandy)… On a pas mal navigué et louvoyé ensemble. On a pu faire une route assez directe, ça glissait bien.

Émotionnellement, ça reste une aventure très intense avec cette angoisse permanente de la casse matérielle. Cette épreuve ne tient pas à pas grand chose, ça reste un sport mécanique. Il y a eu pas mal d'avaries autour de moi, des bateaux perdus. Forcément à l'arrivée le soulagement l'emporte. Finalement, le bateau s'est bien comporté hormis le problème de barre qui incombe plus ma responsabilité lors d'une mauvaise manœuvre. Je n'avais pas imaginé que c'était une telle masse d'efforts, sans compter tout le travail qui a dû être réalisé en amont… Ce sont des mois et des mois d'investissement. Partir est un vrai soulagement. Sur l'eau, avec la multitude de choses qu'il y a à gérer, c'est une toute autre histoire. Je n'avais pas beaucoup de bouquins, je les ai donc lus et relus plusieurs fois et vu le résultat, j'ai pas mal dormi aussi. Paradoxalement, le temps passe plutôt vite. Il y a une forme de routine qui s'installe avec assez peu de temps morts.

Mon objectif était de finir, je ne voulais absolument pas abandonner ou me retrouver en galère avec le bateau. Alors oui arriver, c'est un plaisir immense. C'est quand même un gros morceau cette Mini-Transat. »

48ÈME SÉRIE : ARNAUD ETCHANDY (IPAR HEGO EUSKAL HAZIAK)

Arnaud a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 14heures, 09minutes et 58secondes.

psx_20171120_092031.jpg
 

Vos papiers, s'il vous plaît !

Il le voulait, il l'a fait. Après une première tentative qui a trop vitre tourné court en 2013, le pétulant Basque, Arnaud Etchandy, a fait fi des péripéties qui ont émaillé son parcours à travers l'Atlantique, via une escale au Cap Vert et son lot d'inévitables péripéties. Mais le plaisir a toujours été au rendez-vous, et qu'importe le mal de terre, la satisfaction de finir est là au bout de l'étrave de sa fière canote, qu'il a amarré ce lundi matin sur le ponton toujours animé de la Mini-Transat La Boulangère.

Arnaud Etchandy, à son arrivée

« C'était humide, plutôt long, assez dur, mais qu'est ce que c'était bon aussi ! Je me suis senti mieux sur la fin, alors qu'au début je n'avais pas de vitesse. J'ai fait escale à Mindelo pour changer l'aérien, d'ailleurs c'est magnifique le Cap Vert. Là, j'ai le mal de terre, cela fait un peu bizarre. On a eu le droit à de magnifiques couchers de soleil. Le soir, j'étais toujours bien, et le matin j'étais mieux après les nuits humides où ça tapait avec le bateau qui partait au tas et la peur de casser… Finir, c'est une belle revanche suite à ma première participation 2013 où j'avais mené le projet dans l'année. Au départ j'étais trop fatigué et je n'avais plus la niaque ; et il faut quand même une bonne dose de niaque pour faire ce truc de barjot. Je suis vraiment super content d'être arrivé au bout. On passe par tellement d'émotions sur ces petits canotes. Quand je suis reparti de Mindelo, il a fallu que je me fouette un peu. En escale, plus que les réparations, ce qui a pris le plus de temps, avec les flics sur le ponton, ce sont les longues heures de formalités aux douanes, à la police, à l'immigration. C'est tellement génial d'arriver ici après toutes ces aventures, quel bonheur ! »

47ÈME SÉRIE : DAVID ALONSO (BLUE OSCAR)

David a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 12heures, 50minutes et 40secondes. 

psx_20171120_091506.jpg
 

Arriver coûte que coûte

Plus de peur que de mal pour le chef d'entreprise espagnol David Alonso. Victime d'une collision avec un bateau de pêche trois jours après le départ de Las Palmas, sa course a basculé sur un autre registre l'obligeant à freiner ses ardeurs de régatier, mettre la pédale sur le frein, pour ménager sa monture malmenée et l'emmener de l'autre côté de l'Atlantique. Paris tenu pour le navigateur qui signe, non sans fierté, une cinquième transat, mais la toute première en mini bateau et en solitaire.

« L'arrivée, c'est un bonheur immense, j'ai eu la sensation que j'avais gagné la régate. Je suis très content et très fier d'être ici. Le troisième jour, j'ai eu une collision avec un bateau de pêche. J'ai eu très peur. J'ai descendu le spi. Il y a avait des filets partout et il continuait à tirer. J'ai fait le tour du bateau. Le spi max était déchiré. Je me suis dit que les pêcheurs allaient revenir qu'il valait mieux mettre le medium et se tirer de là. Un peu plus tard, effectivement, je vois le bateau pêcheur qui fonce vers moi, mais il n'est pas parvenu à me choper ! Ensuite, j'ai toujours eu des appréhensions quand il fallait aller se reposer et j'ai eu des petits problèmes, comme le pilote qui partait en vrac quand je partais au surf. J'ai pensé à m'arrêter à Mindelo, mais c'était trop dangereux… Je savais que si je faisais escale, j'allais bien manger, bien dormir ; je me connais et je ne voulais pas prendre ce risque. J'ai réparé mon spi max, mais je n'avais pas les moyens de bien le faire et dès qu'il y avait 15 nœuds, je le descendais pour ne pas l'exploser. Forcément ma moyenne de vitesse en a pris un coup. Cela m'a demandé du temps pour reprendre le rythme à bord. J'avais peur de dormir et j'ai beaucoup parlé avec Agnès (Menut), on a passé pas mal de temps ensemble, on ne se lâchait pas, on s'est soutenu autour de nos petites galères. Mais s'il faut donner une note à cette aventure de zéro à dix, c'est douze ! J'ai dû mettre la compétition de côté. J'avais une obsession en tête : arriver, arriver, arriver… »

46ÈME SÉRIE : AGNÈS MENUT (INSITUT GIPTIS)

Agnès a franchi la ligne d'arrivée de la 2nde étape de la Mini Transat La Boulangère lundi 20 novembre à 12heures, 55minutes et 44secondes. Elle a mis 18jours, 22heures, 47minutes et 44secondes pour rallier le marin.

psx_20171120_080347.jpg
 

Maman sur l'océan

C'est une fin de course riche en émotions qu'a vécue Agnès Menut dont le cœur a chaviré de bonheur quand elle a coupé la ligne. Sur l'eau, l'attendait son jeune fils Eliot d'à peine deux ans. Un petit bout qui a eu le droit de partager la baignade à laquelle la navigatrice solitaire n'a pas échappé à son arrivée au ponton, et à laquelle se sont volontiers mêlés Ian Lipinski et sa fille Plume, à peine plus âgée. Il flottait dans l'air, au petit jour sous le soleil de la Martinique, la force des grandes retrouvailles familiales au terme d'une traversée en solitaire bel et bien bouclée par cette pharmacienne marseillaise, grande baroudeuse qui carbure à l'aventure. Autant dire qu'après un océan avalé en 18 jours de mer, Agnès est comblée et savoure comme il se doit l'immense plaisir de retrouver les siens sur la terre ferme.  

« Ouf… C'est bon d'arriver. Je n'ai pas eu trop de casse, juste un peu - beaucoup ! - d'énervement de temps en temps. J'ai eu des petits soucis d'énergie, au niveau des batteries et des panneaux solaires qui m'ont donné des petites frayeurs, mais cela l'a fait. Cela reste une super aventure qui se termine avec le grand bonheur de voir mon fils. Je suis trop, trop, contente…. Pfffui, cela fait trop de bien de le retrouver. »