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La porte étroite

The window is narrow

Le 14 octobre 2013 - 19:05

C’est la question récurrente que posent les Douarnenistes. Pourquoi n’avoir pas donné le départ ce dimanche avec le beau temps qui régnait sur la baie ? Parce que la réponse se situe au niveau du cap Finisterre à la pointe nord-ouest de l’Espagne. C’est là que les solitaires risquaient d’être cueillis à froid dans des vents de 35 nœuds, au louvoyage, dans une mer forte. Des conditions critiques pour des bateaux de 6,50m menés en solitaire.

Il faut imaginer la vie à bord d’un Mini, face à la mer, dans du mauvais temps. Le bateau bouchonne, tape, peine à remonter les vagues et progresse à très faible vitesse du fait de sa faible longueur à la flottaison. Le pont est régulièrement balayé par les vagues et le skipper est balloté, le plus souvent retenu au bateau par sa longe de harnais, amarrée court. A l’intérieur, c’est un véritable capharnaüm. Le matériel est entassé du côté au vent, tout est trempé et les mouvements du bateau empêchent toute velléité de sa faire, ne serait-ce qu’un plat chaud. Bref ! Ce sont des conditions particulièrement éprouvantes tant pour les navigateurs que pour leurs machines. Le gréement est fortement sollicité à chaque vague et certains mâts n’y résistent pas.

On comprend que dans ces conditions, la direction de course ait choisi de reporter le départ de la Mini Transat. Reste, qu’il faut maintenant trouver une fenêtre suffisamment large pour éviter qu’elle ne se referme sur les doigts de la flotte. Or, si la situation actuelle ouvre des intervalles de 48 heures, ce n’est pas suffisant pour permettre à tous les concurrents de franchir l’obstacle du golfe de Gascogne et la descente le long des côtes occidentales de la Galice. Soit environ 450 milles avant de rencontrer des conditions plus maniables. Pour assurer un passage en sécurité de toute la flotte, il faudrait aujourd’hui une fenêtre météo d’environ trois jours pleins. Or les systèmes dépressionnaires s’alimentent sur le proche Atlantique à des latitudes relativement sud, maintenant le vent de secteur sud à sud-ouest dominant. La fameuse saute au noroit, consécutive à la fin de passage d’une dépression n’a pas le temps de s’installer qu’un nouveau système se met en place.

Une alternative asturienne ?

Face à une telle situation, l’équipe d’organisation a pris le parti d’attendre la fenêtre favorable pour joindre Lanzarote.

Autre solution qui pourrait être envisagée, tronçonner la première étape en deux parcours. Un premier bord pourrait emmener les solitaires de Douarnenez à Gijon, seul port espagnol capable d’accueillir au débotté une flotte de 84 Minis. Grâce aux contacts établis avec la Barquera pendant le Grand Prix Guyader, les correspondants asturiens de Douarnenez Courses se mobilisent. De Gijon, les solitaires attendraient une nouvelle fenêtre météo pour franchir le cap Finisterre. Avantage de l’opération : en scindant le parcours, on réduit considérablement la taille de l’accalmie nécessaire pour s’ouvrir la route du sud. Mais aujourd’hui, aucune décision n’est encore prise, car cette solution pose nombre de problèmes de logistique. Prochain rendez-vous demain 18h. La direction de course a choisi de jouer la carte de la transparence avec les coureurs : c’est aussi çà, l’esprit Mini.

PFB

 

The recurring question in Douarnenez is why did you not start on Sunday with good weather prevailing over the bay? The answer lies at Cape Finisterre on the northwestern tip of Spain. This is where the singlehanders might be caugh out in the cold, beating in winds of 35 knots in a big sea. Critical conditions for boats as small as 6.50m sailed singlehanded.
 
You have to imagine life on a Mini, facing the sea in bad weather. The boat becomes trapped, barely able to climb the waves at very low speeds because of its short waterline length. The cockpit is regularly swept by the waves and the skipper is tossed about, relying on his safety harness to keep him attached to the boat. Inside, it's a real mess. Everything that can be is piled up on the windward side, everything is soaked and the boat's movement prevent any attempt of to make a hot meal. In short, these are particularly difficult conditions for both the sailors and their machines. The rig is pounded with each wave and some masts can not stand up to the punishment.
 
It is understandable that in these conditions the race committee has chosen to postpone the start of the Mini Transat. Moreover, they must now find a big enough window to stop it slamming shut on the fingers of the fleet. However, the current situation offers intervals of only 48 hours, which is not sufficient to allow all competitors to cross the obstacle of the Bay of Biscay and make their descent along the western coast of Galicia. They have to sail about 450 miles before meeting more manageable conditions. To ensure the safe passage of the fleet what is needed is a weather window of about three full days. But the pressure systems currently feeding the near Atlantic are at relatively southern latitudes, making the dominant winds southerly to southwesterly. The famous jump to a nor'wester, following the passing of a depression, does not have time to establish itself before a new system takes its place.
 
An Asturian alternative?
 
Faced with such a situation, the organising team has opted to wait for favorable weather window to reach Lanzarote.
 
One alternative that could be considered is breaking the first leg into two separate sections. The first could take the fleet from Douarnenez to Gijon, a Spanish port that can easily accommodate a fleet of 84 Minis. Through contacts established with the Barquera during the Grand Prix Guyader the Asturian contacts of Douarnenez Courses are mobilised. At Gijon, the soloists can await another weather window to round Cape Finisterre. The advantage of the operation: by splitting the leg it considerably reduces the size of the good weather window necessary to open the road to the south. But today, no decision has yet been taken, as this solution raises a number of logistical problems. Next rendez-vous will be at 18.00 tomorrow . The race has chosen to play the card of transparency with the competitors : this is also in the spirit of the Mini .
 
PFB