Avoir un bon copain…

12 11

18:00

Alors que la flotte se fraie un chemin entre les derniers grains dans un alizé très instable, chacun a ses petites astuces pour tenir moralement, vivre et profiter jusqu’au bout de cette aventure de la Mini-Transat La Boulangère.

A l’heure où Ian Lipinski (Griffon.fr) a franchi le cap des 500 milles à parcourir, la messe semble dite pour celui qui était attendu comme le grand favori de cette édition 2017 de la Mini-Transat La Boulangère. Sauf accident, il n’existe quasiment aucune chance que Jörg Riechers (Lilienthal) et Simon Koster (Eight Cube Sersa) puissent revenir sur le leader incontesté de cette course. Derrière ce trio, Andrea Fornaro (Sideral) devra encore se méfier de Keni Piperol (Région Guadeloupe) qui se sent des ailes à l’idée de prendre la cinquième place de l’étape qui pourrait lui rapporter gros au classement général. S’il en est un pour qui le classement doit paraître anecdotique, c’est Aurélien Poisson (TeamWork) qui a appris en mer la naissance de sa fille. Un retour au pays de sa jeunesse, plus l’arrivée d’une nouvelle génération, les émotions doivent se bousculer dans sa tête.
En série, Erwan Le Draoulec (Emile Henry), toujours aussi rapide, creuse l’écart. En revanche, c’est plus compliqué pour Clarisse Crémer (TBS) qui voit l’Irlandais Tom Dolan (offshoresailing.fr) se rapprocher dangereusement. Au final, celui qui pourrait faire la meilleure opération, c’est Benoît Sineau (Cachaça). Le chef d’entreprise qui revendique haut et fort son statut d’amateur pourrait bien rafler la mise et accéder au podium du classement général, lui qui s’était fixé comme objectif – ambitieux, selon ses dires -  de figurer dans le top 10.

Gérer la solitude
Tout le monde n’a pas la chance de célébrer un heureux événement en mer. Alors, certains ont préféré prendre les devants contre les pertes de moral. Marta Güemes (Artelia) a ainsi embarqué près de neuf heures de petits messages audio personnels à découvrir chaque jour. De quoi se prémunir contre le blues, mais pas contre les fous-rires. Encore, qu’au vu de la première étape, on peut imaginer que radio cocotier doit fonctionner en permanence au sein de la petite communauté des Ministes adeptes d’une route proche de l’orthodromie. D’autres ont choisi carrément de faire route ensemble tels Jérôme Lhermitte (Noveum), Luc Giros (Cabinet Rivault Nineuil – Enedis) et Valentin Massu (Espoir Mini-Transat) au risque de passer petit à petit en mode croisière. Mais la VHF sert aussi à remonter le moral des troupes : parfois ce sont les bateaux accompagnateurs qui redonnent un petit coup de booster au nécessaire optimisme qu’il faut garder pour traverser en solitaire sans contact extérieur. Parfois ce sont directement les autres concurrents. Arnaud Etchandy (Ipar Hego), animé d’un subit besoin de parler a su trouver des oreilles attentives en l’équipage d’un bateau accompagnateur, mais aussi en la personne de Pierre Revol (Maribambelle).
D’autres aimeraient bien parfois pouvoir ajouter leur grain de sel autour des coureurs en difficulté. Les soucis techniques d’Elodie Pédron (Manu Poki et les Biotechs) ont déclenché une foule de réactions sur les réseaux sociaux et nombre de conseils parfaitement pertinents. Seul défaut, la navigatrice ne peut pas en profiter. Mais au vu de sa vitesse moyenne sur vingt-quatre heures (supérieure à six nœuds), il semble bien que la jeune femme ait de la ressource à revendre.

Pointage le 12 novembre à 16h (TU+1)

Prototypes
1 Ian Lipinski (Griffon.fr) à 428,9 milles de l’arrivée
2 Jorg Riechers (Lilienthal) à 139,7 milles
3 Simon Koster (Eight Cube Sersa) à 141,4 milles
4 Andrea Fornaro (Sideral) à 208,7 milles
5 Keni Piperol (Région Guadeloupe) à 244,2 milles

Série
1 Erwan Le Draoulec (Emile Henry) à 667,7 milles de l’arrivée
2 Clarisse Crémer (TBS) à 71,2 milles
3 Thomas Dolan (offshoresailing.fr) à 95,9 milles
4 Benoît Sineau (Cachaça 2) à 106,7 milles
5 Pierre Chedeville (Blue Orange Games – Fair Retail) à 145,7 milles